It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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❝Bad karma ω Alec & Nora

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MessageSujet: ❝Bad karma ω Alec & Nora ❝Bad karma ω Alec & Nora EmptySam 12 Mai - 11:24

Vendredi soir, journée terminée et pourtant, je suis chez moi. Pas envie de sortir ou quoique ce soit pour une fois. Juste me poser un peu et lire un livre, ce que je n'ai pas fait depuis longtemps. C'est comme si lire des bouquins me rappellent sans cesse à quel point je me suis fait avoir par mon connard de paternel. Si ça ne tenait qu'à moi, c'est des études de littérature que je ferais, pas de commerce internationale en but de reprendre sa firme, boîte ou peu importe le nom exact. C'est comme si, depuis la mort de Julian, il a réalisé qu'il avait été trop gentil avec lui et qu'il fallait absolument réparer cette erreur, mais comme Julian n'est plus là ... Il n'y a plus que moi. Mon portable, posé sur la table basse émet un bref vibrement. Pendant un instant, l'envie de ne pas regarder le message envoyé trotte dans mon esprit. Ce soir, j'ai juste envie d'être tranquille et de me couper un peu du monde. Mais c'est peut-être une urgence donc, j'ai quand même fini par lâcher mon livre et par prendre mon Iphone. « Tu peux venir à la maison ? Papa et Brenda sont partis, ils rentrent que demain matin et je m'ennuie toute seule. » Un sourire est apparu sur mon visage en lisant le message de Kara. Je suppose qu'une soirée avec elle est un bon programme aussi. Depuis ce que notre père m'a fait, j'ai comme qui dirait, plus très envie de foutre un pied dans la maison familiale quand il est là, du coup, ma soeur et moi nous voyons moins souvent qu'avant mais on s'arrange toujours. Je n'ai pas hésité longtemps avant de lui répondre que j'arrivais. Tant que le père n'est pas là, ça me va. Je remets mon portable dans ma poche et me lève pour aller prendre mes clefs, ma veste et enfiler des chaussures. Après quelques minutes, je démarre ma voiture et entame le chemin pour aller à Lenox Hill. Vrai quartier de bourges. Là où j'ai grandi avec Julian et Kara. Je crois que ça me fait mal à chaque fois que j'y vais, de me souvenir de tous les bons moments passés là-bas. Avant que me famille ne finisse par ne plus ressembler à rien du tout.

Le trajet se fait sans encombres majeurs. Je fais confiance à Kara pour nous prévoir quelque chose à faire ce soir. De nombreuses chances pour que ce soit une soirée cinéma. Il y a toujours des popcorns dans les placards de toute façon. La dernière fois, on a revu tous les classiques des films de super-héros chez moi, je me demande ce que ça sera cette fois-ci. Quelques minutes de trajet et me voilà arrivé dans le quartier de mon enfance. A chaque fois que je fais le chemin de mon appartement jusqu'à la maison, je me dis toujours qu'en réalité, je ne me suis pas assez éloigné. Kara est comme la seule attache qu'il me reste là-bas. J'ai garé ma voiture le long du trottoir en arrivant devant la maison avant de couper le moteur et de sortir de la voiture. Les moments passés avec ma soeur, aussi chiante soit elle, arrivent toujours à me changer les idées. Ne lui dites pas mais si je la perdais ... J'ai traversé la rue, monté les escaliers avant de me retrouver sur le perron. Toutes les maisons sont impressionnantes ici. La plupart part font penser à des manoirs. Kara laisse toujours la porte ouverte quand je viens et qu'on est tous les deux. Le coeur tranquille, je suis entré dans mon ancien chez moi. « Je suis là ! Kar' ? » ai-je lancé pour signaler ma présence. Silence de quelques secondes. J'aurais dû savoir, j'aurais dû savoir ... Venant du salon, ma soeur est apparue, le visage crispé et les yeux larmoyants. « Alec ... » a-t-elle murmuré. Mes sourcils se sont froncés. Pourquoi elle porte la robe noire que tante Margaret lui a offert ? C'est bien trop classe pour une soirée tous les deux. « Je suis tellement désolée ... Il a pris mon portable. » Je ... quoi ? J'ai mis un moment à comprendre, mais quand mon père est apparu dans le hall d'entrée, tout est devenu clair. Mon visage s'est déformé. « Qu'est ce que tu fous là ? » C'est plus fort que moi, à chaque fois que je le vois à présent, je me montre agressif. Lui aussi est habillé élégamment. Trop. Qu'est-ce qui se passe bordel ? Il me regarde, très satisfait. « Mmm ... j'avais peur pour ta tenue ma finalement, ça fera l'affaire. » La colère me donne soudainement chaud. Mon père a toujours semblé donner un malin plaisir à me torturer et il aime ça, ça se voit tellement. « C'est toi qui m'a envoyé le message ? » Rien qu'à sa tête je sais que oui et que ma question était inutile. Putain je le crois pas ! L’ENFOIRÉ ! Mes poings se sont serrés. « Utiliser ta fille pour arriver à tes fins, de mieux en mieux ! » ai-je sifflé. Mais il s'en fout, tout ce que je peux dire ne l'atteint pas. Au contraire il se délecte de me voir essayer de me défendre, de me débattre et au final ... c'est lui qui gagne. « Dis-toi que tant que tu te comporteras comme un enfant, j'agirais ainsi. » J'ai levé les yeux au ciel, épuisé par ses combines à deux balles pour me faire venir à la maison. Il a utilisé Kara pour me faire venir ici ! « Papa, s'il te plaît ... » J'en ai presque oublié Kara qui est toujours avec nous. « Retourne au salon avec Brenda, Kara. Elle t'aidera à remettre ton visage en ordre. » Son temps est sans appel. J'ai détesté sa façon de dire "remettre ton visage en ordre". Mais ma soeur a obéi. Peut-être parce qu'elle sait que c'est inutile d'essayer de se défendre. Elle est retournée au salon, nous laissant tous les deux. J'en ai marre. « Donc voilà, tu m'as vu mais maintenant je me casse. » ai-je lancé en faisant quelques pas vers la sortie. Plus le temps passe, plus mon paternel m'apparaît comme un monstre calculateur et pitoyable. « Non tu ne pars pas. J'ai invité les Norwood à dîner ce soir. » A moins que ce soit moi qui soit pitoyable. Pitoyable de me faire avoir à chaque fois. Je me suis immobilisé. Il a fait QUOI ??? Je me suis retourné lentement vers lui, le visage littéralement décomposé par le choc et la fureur. « T'AS FAIT QUOI ?? » Non putain, non! J'ai aucune envie de voir Nora ce soir, et encore moins ses parents ! Tout s'enchaîne beaucoup trop vite. Le souffle court. Je voulais juste passer une soirée tranquille et voilà ce qui se passe à présent. Les vêtements que portent Kara et mon père ... Le dîner explique tout. NON ! « J'ai invité les Norwood à dîner ce soir. » répète mon géniteur lentement. L'envie de le démolir. Je reste statufié sur place. « Ils vont arriver d'une seconde à l'autre. Souviens-toi de ce que je t'ai dit si jamais si tu continues à refuser ses fiançailles ... » Canada. Pensionnat. Plus d'argent. Ô que oui je m'en souviens ! Mais ... merde quoi ! Je ne peux pas accepter ce dîner ! Ça voudrait dire accepter cette situation et c'est juste impossible ! Azylis. J'ai pensé à elle, à la dernière fois que nous nous sommes parlés ... On sonne à l'entrée. Le visage de mon père s'éclaire d'un large sourire. « C'est eux. Maintenant arrête de faire cette tête. T'es un Carter. » dit-il en allant vers la porte d'entrée. C'est un cauchemar. Un véritable cauchemar. J'ai mal au coeur. L'envie de démolir tout ce qu'il y a dans cette maison et pourtant, je ne bouge pas. Brenda et Kara sont apparues dans le hall et me regardent toutes les deux, angoissées et désolées de ce qui est en train d'arriver. J'apprécie ça venant de ma belle mère. Mon père a ouvert la porte d'entrée et lance : « Bonsoir ! Jonathan ... Eh bien tu es bien accompagné dis-moi ! Coline, Nora, vous êtes magnifiques, comme toujours ! Entrez, je vous en prie. » Je vous jure qu'en l'entendant, j'ai envie de vomir, tellement il me dégoûte.
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MessageSujet: Re: ❝Bad karma ω Alec & Nora ❝Bad karma ω Alec & Nora EmptyLun 14 Mai - 23:12

« Lindsay ? » Le ton de surprise était plus qu’approprié. Nora se tenait devant sa porte d’entrée ouverte, face à sa meilleure amie. La dernière fois qu’elle avait eu de ses nouvelles, elle était en France, partie faire elle ne savait quoi. Elle savait juste qu’elle ne voulait pas rentrer parce que la France c’était tellement mieux que les Etats-Unis, selon ses dires. La brune lui avait également dit que les français étaient bien plus beaux et classes que les américains.« Tu vas me laisser plantée dehors encore longtemps ? » Un large sourire étira les lèvres de Nora qui se jeta sur son amie, la serrant dans ses bras. Elle n’était partie que quelques jours, et elles se parlaient tous les jours au téléphone ; pourtant, elle lui avait manqué. Lindsay était une des personnes dont la jeune Norwood ne pouvait se passer, elle lui était indispensable pour aller bien et ne pas virer, surtout vu ce qu’elle vivait depuis quelques temps. Si elle avait accepté de se plier au mariage arrangé par son père, elle n’en était pas forcément heureuse et épanouie, comme l’était toute nouvelle fiancée. C’était le contraire en fait. Elle savait qu’elle avait fait au mieux par rapport à son père, mais les choses étaient compliquées avec son « fiancé » qui jusqu’ici avait toujours refusé de lui adresser la parole. Dire qu’il y a peu ils avaient enfin réussi à devenir plus ou moins amis. Pour ne rien arranger, elle avait quelque chose qui lui pesait sur la conscience, constamment. Quelque chose qu’elle n’arrivait pas à définir mais dont elle tenait vraiment à se débarrasser. « Je ne m’attendais pas à te revoir avant un moment. En fait je ne m’attendais pas à te revoir du tout. » Elle s’écarta ensuite pour la laisser entrer. « J’avais plus de fric, puis je savais que je te manquais trop et que tu avais besoin de moi. Je suis ton pilier Nora, ne le nie pas. » dit-elle tout en entrant. Nora resta quand même sceptique quant à son explication. Elle avait tant attendu ce séjour en France qui devait durer deux semaines ; or de là à ce qu’elle rentre à peine la moitié parcourue, il devait s’être passé quelque chose d’un peu plus grave. Mais bon elle ne posa pas plus de questions, bien trop contente de revoir sa meilleure amie. Elles se rendirent dans la chambre de la jeune femme, à l’étage. Elles seraient plus tranquilles pour discuter. Lindsay sauta sur le lit à peine entrée, et se mit à son aise comme si elle était chez elle. C’était un peu le cas en même temps, elle passait plus de temps ici que chez elle. Nora, elle, prit place à ses côtés, s’asseyant au bord du lit.« Bon alors, raconte, qu’est-ce que j’ai manqué depuis tes fiançailles inattendues ? » Nora leva les yeux au ciel. Elle savait que Lindsay voulait précisément parler de ça, savoir comment les choses avaient évoluées. Elle se fichait bien du reste, ce n’était pas assez intéressant. De toute façon, que pouvait-il bien se passer d’autre dans la vie de Nora ? A part quelque chose en rapport avec ses études, rien. Le problème était qu’elle n’avait pas vraiment envie de parler de ses fiançailles et de l’avenir proche chaotique et incertain qui l’attendait. Elle avait envie de parler de tout sauf de ça en fait. « Il n’y a rien à dire. Parle-moi plus tôt de ton séjour à Paris. J’ai un énorme besoin de changer d’air, laisse-moi le faire à travers toi, par pitié. » Adepte des voyages depuis sa plus tendre enfance, Nora avait posé ses bagages sur chaque continent. Elle connaissait Paris par cœur et n’avait pas vraiment besoin de détails, elle savait parfaitement ce à quoi pouvait ressembler la vie parisienne. Mais elle avait besoin de penser à autre chose pendant quelques secondes, parce que sa vie était loin d’être évidente ces temps. Dès qu’elle le pourrait, elle prendrait l’avion et partirait pour l’Europe. Ca faisait longtemps qu’elle n’avait pas vu Londres. A sa demande, Lindsay secoua la tête, signe qu’elle ne dirait rien tant que Nora n’avait pas parlé. « Tu ne veux pas qu’on en parle plus tard ? Sérieusement, je n’ai pas envie d’en parler. Pas maintenant. » Jamais. Lindsay voulait des explications, mais elle ne pourrait jamais comprendre son point de vue. Elle n’avait pas envie de l’entendre critiquer son père à nouveau. Il avait beau avoir des défauts, mais c’était son père, et elle l’aimait. Elle aurait juste voulu avoir un peu plus de courage en face de lui. « Nora ? » C’était la voix de sa mère. Sauvée par le gong.

« Chérie, va te préparer s’il te plait, nous partons dans quinze minutes. » Sa mère l’attendait en bas des escaliers, si bien que Nora n’eut pas à descendre pour savoir ce que sa mère lui voulait. Lindsay était juste derrière elle. Aux mots de sa mère, la rousse pris un air perplexe. « Me préparer ? Mais, pourquoi ? Où allons-nous ? » Son cœur se fit à batte plus rapidement. Comme lorsque ses parents l’avaient surprise avec le champagne sur la table le soir où elle était officiellement devenue la fiancée d’Alec Carter. Elle avait un mauvais pressentiment. « Ton père ne t’a pas dit ? » La jeune femme fit non de la tête. « Le père d’Alec Carter nous a invité à dîner. Dépêche-toi maintenant. » Nora resta interdite quelques instants. Elle réfléchit à la situation : ça n’avait rien de bon. Alec serait certainement là, et elle n’était pas très sûre d’avoir envie de le voir. Elle le voyait déjà l’ignorer toute la soirée comme il le faisait depuis qu’ils étaient liés et qu’elle avait essayé d’aller lui parler. Il l’avait fait à chaque fois. Elle n’était pas non plus sûre d’arriver à « jouer la comédie » ce soir. Elle ne voulait pas faire des efforts pour rien, d’autant plus si elle était la seule à en faire. Encore une fois, si elle avait accepté, c’était plus pour son père que pour elle-même. Elle ne devait pas le décevoir. La jeune femme lança un regard plein de détresse à son amie. « Je suis obligée de venir ? J’ai eu une longue journée, j’aimerais me reposer. » « Ne sois pas idiote Nora, bien sûr que tu dois venir. Le père de ton fiancé nous a invité, certainement pour que nos deux familles apprennent à se connaitre. Après tout, nous serons liés les uns aux autres pour un bon moment, autant faire que tout se passe bien. » Jonathan était arrivé comme une fleur, au moment où sa fille ne l’attendait pas. Malheureusement pour elle. « Va t’habiller maintenant, je t’ai fait acheter une robe tout spécialement pour l’occasion, dès que je l’ai su. » Nora n’eut encore une fois pas à cœur de refuser, puis hocha la tête silencieusement. Au fond d’elle, elle éprouvait une certaine colère. Contre son père, mais surtout contre elle-même. Bon sang, ça ne devait pas être si dur de se rebeller ! Tous les enfants le faisaient. C’était le principe même de toute relation parent/enfant ordinaire. Comme prévu, Nora trouva une petite robe blanche dans sa penderie, qu’elle enfila. Lindsay l’aida à finir de se préparer. Elle laissa ses cheveux libres puis mit une discrète pointe de maquillage. Elle fut prête en une dizaine de minutes, ses parents l’attendaient en bas. En partant, elle s’excusa auprès de Lindsay de la laisser en plan de cette façon. Mais elle n’avait rien pu prévoir. Le trajet en voiture se passa dans le silence le plus total. Jonathan avait choisi de ne pas se faire conduire ce soir, et donc de lui-même prendre le volant. Quand la voiture s’arrêta, le cœur de Nora se remit à battre plus vite. Là encore, elle craignait par-dessus tout la réaction d’Alec quand il la verrait. Elle ne se souciait guère de ce que penserait sa famille par contre, même si elle avait toujours appris à être polie et agréable pour donner la meilleure impression possible. Jonathan ouvrit la marche, Coline et Nora le suivaient de près, la fille étant collée à sa mère. Sa mère était son dernier pilier ce soir, la seule qui pouvait comprendre à quel point la situation était difficile pour elle. Son père était bien trop satisfait pour s’en soucier et de ce fait s’en rendre compte. La maison était impressionnante, mais vraiment belle. Nora était sensible au charme des vieux bâtiments. C’est ce qui lui plait aussi dans le fait de voyager, voir de nouveaux styles. Elle aurait très bien pu faire des études d’architecture en y repensant. Toujours est-il que cela lui permet de se détendre un peu. Un tout petit peu. Cela ne dura pas bien longtemps. Jusqu’à ce que Monsieur Carter ouvre la porte en fait. « Bonsoir ! Jonathan ... Eh bien tu es bien accompagné dis-moi ! Coline, Nora, vous êtes magnifiques, comme toujours ! Entrez, je vous en prie. » Son père entra en lui rendant son bonsoir et en lui serrant la main, avant d’aller embrasser sa femme et une jeune femme qui est vraisemblablement sa fille. Enfin, il tendit la main à Alec. Coline le suivit, embrassant également tout le monde. Puis ce fut au tour de Nora de faire son entrée. Muette comme une carpe, presque paralysée par sa nervosité, elle peina à articuler un « Bonsoir » général tout juste audible puis salua tout le monde, avant de se retrouver face à Alec. Sur l’instant, elle est vraiment paralysée et ne sait quoi dire ou quoi faire. Elle a une fois de plus peur d’être rejetée, peur d’une quelconque réaction de son père face à un éventuel incident. C’est pourquoi elle se contenta d’un simple « Alec. » La tête baissée, elle n’ose pas croiser son regard. Il n’a pas l’air dans son assiette et semble autant ravi qu’elle d’être là. Elle soupira silencieuse et déjà, elle veut rentrer, pense à la sécurité et au confort de sa chambre. Elle n’a qu’une chose en tête : serrer les dents et prendre sur elle. Ça s’annonçait laborieux et elle s’attendait déjà à faire ce qu’elle ne voulait surtout pas faire : une montagne d’efforts. Prenant son courage à deux mains, elle relève enfin la tête vers lui. Elle pense à son père, à tout ce qu'il a prévu. Décidément, il a le don de toujours finir par la faire plier quoiqu'il fasse. « Tu comptes m'adresser la parole ce soir ? » finit-elle par demander dans un premier effort. Elle sait que ce ne sera pas le seul de la soirée.


Dernière édition par Nora Norwood le Mar 21 Aoû - 0:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ❝Bad karma ω Alec & Nora ❝Bad karma ω Alec & Nora EmptyVen 18 Mai - 14:04

Il sait très bien que quand il s'agit de Kara, il est sûr de me trouver. Ce qui me fout le plus en rogne ? Ce putain de piège qu'il vient de me tendre et le fait que je sois tombé dedans, le fait de voir les Norwood ce soir et surtout, le fait qu'il ait utilisé Kara pour arriver à ses fins. Venant de lui, plus grand chose ne devrait m'étonner et pourtant, c'est encore le cas. Chaque jour qui passe me donne la preuve qu'il en réalité une véritable ordure et qu'il s'améliore de jour en jour dans ce domaine. Quel père se servirait de son gosse pour atteindre son autre gosse, merde ?! Qu'est ce qui ne va pas chez lui ? Je me suis demandé comment notre famille a pu devenir ainsi. Elle s'est tellement dégradée qu'elle n'existe plus vraiment. Bien sûr, ça n'a jamais été tout rose mais quand même. Quand on était petits, quand il y avait encore maman tout allait plutôt bien. De toute façon, je suppose que quand on est petits, les choses vont très souvent bien. J'ai regardé mon père avec une drôle d'envie au creux du ventre. Il faudra que je me renseigne sur le nombre d'années de prison que je risque pour meurtre avec préméditation. Avec lui, j'ai toujours l'impression d'avoir cinq ans, d'être manipulable et d'être tellement con que je m'en rends toujours compte trop tard. Qu'est ce que je donnerais pas pour avoir un père normal, à qui les affaires n'auraient pas monté à la tête. Un père qui ne vous fiance pas dans votre dos et qui ne se comporte pas avec vous comme si vous étiez un ennemi dans son boulot d'homme d'affaires. Vous savez quoi, c'est encore triste que je sois naïf en pensant à ça. Alors qu'est-ce que je donnerais pas pour avoir un peu de soutien de la part de Julian. Au lieu de ça, je me retrouve tout seul à devoir un gérer mon géniteur dans ses moments où il a besoin de se défouler sur moi. Je suis tellement bouche-bée que plus rien ne sort de ma bouche. J'aimerais lui dire que c'est pas de ma faute s'il est frustré parce que Brenda le fait plus bandé mais là encore, rien ne dépasse le sol de ma bouche. Mon sang boue et bat trop fort dans mes tempes. C'est un véritable cauchemar dont je ne vais jamais me réveiller.

Brenda et Kara reviennent dans l'entrée quand la sonnette de la porte d'entrée se fait entendre. Ma soeur a retrouvé des couleurs et me regardent avec un air rempli de culpabilité. J'aimerais lui dire qu'elle n'a pas à s'inquiéter, que je ne lui en veux tout simplement parce que ce n'est pas sa faute mais j'en suis incapable. Un dîner Carter-Norwood, c'est pas possible. Pas ce soir ... Jamais en fait, ça m'arrangerait. C'est tellement des conneries tout ça. A quoi va servir ce dîner ? A se connaître mieux ? Mais j'en ai pas envie ! Enfin je connais déjà suffisamment Nora et notre relation m'allait très bien jusque là ! Okay, on se calme. Les Norwood entrent dans le hall et mon père referme la prote d'entrée derrière eux. En me voyant immobile, il me fait un regard menaçant. Je lui présenterais bien mon majeur mais c'est pas vraiment le moment. Place aux salutations. Je serre la main au père de Nora et à sa mère. Ma mâchoire ne se décrispe pas, c'est au-delà de mes forces. « Alec. » m'a salué Nora sans me regarder. Dans un sens, le fait qu'elle soit aussi mal à l'aise que moi est assez rassurant. Cette fille est quand même un vrai mystère. Je ne comprends pas comment elle peut accepter la situation. Je sais qu'elle aime son père et que Jonathan n'est pas du genre à la menacer comme peut le faire une certaine personne dont je vais taire le nom. Donc pourquoi ? Comment, de nos jours ont peut accepter ça ? J'ai hoché la tête sans un mot. Envie de me tirer d'ici mais c'est trop tard. Et si je le faisais, hein ? Qu'est-ce que je risque exactement ? Je m'aperçois que Nora et moi avons la mâchoire totalement serrée tous les deux tandis que nos parents discutent entre eux. « Tu comptes m'adresser la parole ce soir ? » finit-elle par demander. Je l'ai regardée en essayant toujours de me calmer. Ça doit faire exactement trois minutes que je suis au courant pour ce dîner et je suis encore sous le coup du choc et de la colère. Calme-toi mec, calme-toi. Mais pourquoi exactement je me calmerais ? Je sais déjà comment ce dîner va se passer. Le blabla de mon père. Le bruit des couverts contre les assiettes et les sourires forcés ... bref, les dîners typiques de notre monde de merde. Je me suis aperçu que j'ai arrêté de respirer depuis quelques secondes et j'ai enfin réussi à soupirer. « Je ne sais pas ... » ai-je murmuré encore un peu coincé. Nora n'est pas l'ennemie. L'ennemi c'est mon père et à la rigueur le sien. Nora est dans le même bateau que moi mais le truc que je lui reproche est qu'elle semble s'accommoder de tout ça. Mon père nous surveille du coin de l'oeil. Être gentil avec elle ne me coûterait pas grand chose, m'a répété Brenda. J'étais "gentil" avec elle mais les fiançailles ont tout changé. Ça a jeté un froid entre nous, c'est triste, mais c'est comme ça. La soirée promet d'être pénible. J'ai fini par détourner mes yeux des siens. « J'avais vraiment pas prévu que ma soirée se déroule comme ça. » ai-je lancé entre mes dents en regardant mon père qui continue à parler avec le père de Nora. Ils parlent affaires. Tseuh. Marre de cette mascarade. Marre de tout et pourtant, je reste. Qu'est ce qui tourne pas rond chez moi ? « J'invite tout le monde dans le salon, ma femme nous a préparés un fabuleux dîner dont vous allez me dire des nouvelles ! » a lancé mon père en indiquant la pièce en question d'un mouvement de bras. Il me désespère. J'ai regardé Nora tandis que Kara nous rejoint et enroule son bras autour du bien. Elle me sourit. Je me sens un peu mieux. Déjà sa présence est un point positif. Alors nous avons tous suivis mon père vers la table que Brenda a dressé. Tu parles d'une famille.
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MessageSujet: Re: ❝Bad karma ω Alec & Nora ❝Bad karma ω Alec & Nora EmptyLun 23 Juil - 23:29

Nora aurait voulu être ailleurs. N’importe où sauf ici. N’importe quand sauf maintenant. Ou peut-être jamais en fait. Jamais était une perspective agréable. Ne jamais avoir à venir ici, à affronter Alec. Pas qu’elle ait spécialement quelque chose contre lui, elle n’avait jamais vraiment rien eu contre lui. Elle l’appréciait, sans plus. Ils n’avaient jamais été vraiment amis mais ne s’étaient jamais vraiment détestés. Mais les choses avaient changées depuis leurs fiançailles forcées et la jeune femme appréhendait chacune de leurs rencontres. Leur point de vue sur la chose ne différait pas : ils n’acceptaient pas du tout la situation sauf que l’un le disait alors que l’autre non. C’était ça leur point de discorde, Nora ne voulait pas s’opposer à son père même si elle n’appréciait pas le fait qu’il décide d’une chose aussi importante pour elle sans qu’elle n’ait son mot à dire. Alec n’arrivait pas à comprendre pourquoi elle se taisait et acceptait ce mariage. Elle savait qu’elle aurait beau essayer de lui expliquer de toutes les façons possibles et dans toutes les langues, il ne comprendrait pas. Chaque fois qu’ils avaient essayé d’en parler, la conversation avait vite tourné court. La jeune femme ne voulait pas se brouiller avec lui, pas encore plus, comment arriverait-elle à supporter cette supercherie s’ils ne s’entendaient pas ? Il fallait qu’il y ait un minimum d’entente entre eux pour que tout ceci soit supportable, autant pour l’un comme pour l’autre, le temps que cela durerait. Elle n’était pas dupe et ne se faisait pas de fausses idées là-dessus : quand bien même ils se mariaient, il y avait très peu de chances pour que leur mariage dure dans le temps. Un ou deux ans, tout au plus, le temps que l’un des deux trouve le courage nécessaire pour tout arrêter. En attendant ce moment, il fallait qu’ils prennent tous les deux sur eux. Qu’ils le veuillent ou non, ils étaient bel et bien fiancés, et leurs deux familles allaient bel et bien diner ensemble ce soir. Elle s’était faite belle pour l’occasion, avait actionné l’option faux sourire qui ne la quitterait pas de la soirée et elle s’était préparée à répondre d’une voix douce et à hocher poliment la tête quand on lui parlerait. Ça avait commencé dans le hall d’entrée des Carter, lorsque Carter père avait accueilli les Norwood. La jeune femme avait salué tout le monde puis s’était retrouvée en face d’Alec. Ça avait été un peu plus compliqué avec lui mais elle avait tout de même réussi à lui parler, en l’occurrence savoir s’il comptait l’ignorer toute la soirée ou s’il allait daigner lui adresser la parole. Elle était mal à l’aise, tellement mal à l’aise en attendant sa réponse qu’elle eut envie de ravaler ses mots et de retourner auprès de sa mère.

« Je ne sais pas ... » finit-il par dire. C’était un bon début. Ça aurait pu être pire. Quelque peu soulagée, Nora laissa échapper un léger soupir, malgré elle. En soit, il n’y avait pas vraiment de quoi être soulagé, il ne s’était pas montré particulièrement enthousiaste en lui répondant et ne lui avait pas vraiment donné de réponse concrète mais il n’y avait pas vraiment d’animosité dans ses paroles. Pas encore, et c’était plutôt encourageant même si ça ne voulait pas forcément dire qu’il serait plus enthousiaste par la suite. Elle ne pouvait pas lui demander de se forcer, peut-être qu’elle y arrivait, mais elle savait très bien que pour lui c’était plus difficile. Elle l’avait accepté et acceptait chaque fois qu’il la rejetait. Peut-être même qu’elle serait prête à faire des efforts pour deux… Peut-être… Jusqu’à ce qu’elle soit trop fatiguée ou trop lassée pour continuer. « J'avais vraiment pas prévu que ma soirée se déroule comme ça. » ajouta-t-il en rompant leur contact visuel. A qui le dis-tu… pensa-t-elle. En même temps, qui aurait voulu passer une telle soirée ? Leurs parents mis à part, évidemment… En parlant de parents, messieurs Carter et Norwood, les deux responsables de tous ce cirques, semblaient être en train de parler affaire. Coline et Brenda, quant à elles, devaient discuter cuisine ou déco au choix. Ne restaient plus qu’Alec et Nora qui ne savaient pas comment se parler, et la petite sœur d’Alec. Nora tourna la tête également, vers sa mère, lui lançant un regard plein de détresse qu’elle ne pouvait pas voir. « Moi non plus mais si on y met du notre ça ne devait pas être si horrible que ça, si ? » répondit-elle à tout hasard. Elle n’était pas sure de ce qu’elle disait, et elle n’était pas sure que c’était la bonne chose répondre. En fait elle ne savait pas quoi dire d’autre, elle se sentit bien stupide pour le coup. « J'invite tout le monde dans le salon, ma femme nous a préparés un fabuleux dîner dont vous allez me dire des nouvelles ! » Sauvée par le gong, encore une fois ! Monsieur Carter invitait tout le monde à table. C’est avec soulagement que la jeune femme accueillit la nouvelle, elle ne serait plus obligée de faire la conversation à Alec pour le moment. Elle devrait sans doute répondre aux diverses questions que son père lui poserait, mais c’était toujours mieux, selon elle. Elle regarda le jeune homme se diriger vers le salon avec sa sœur, puis les suivit. Là, tout le monde prit place autour de la table : elle se retrouva à côté d’Alec, évidemment. Une fois que tout le monde fut assis, son père, Jonathan, se leva, brandissant une coupe de champagne. « Avant que nous ne commencions à manger, je tenais à vous remercier, Monsieur Carter pour nous avoir invité, et vous Brenda pour nous avoir préparé ce repas qui j’en suis sûr est délicieux. » Il tourna ensuite son visage vers sa fille et Alec, un large sourire sur les lèvres. « Et je voulais également porter un toast à Nora et Alec, nos deux jeunes fiancés, qui forment un très beau couple. A eux et à nos deux familles ! » Un très beau couple ? Mais de qui se moque-t-il ? Ils n’avaient rien d’un couple, absolument rien. Nora se crispa sur sa chaise, n’arrivant même pas à offrir à son père un sourire forcé. Elle n’osait regarder personne, ni bouger, encore moins parler. Elle se contentait de fixer son assiette. Vraiment, maintenant plus que jamais, elle voulait être ailleurs.



Dernière édition par Nora Norwood le Mar 21 Aoû - 0:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ❝Bad karma ω Alec & Nora ❝Bad karma ω Alec & Nora EmptySam 4 Aoû - 21:09

Mon père me lance un regard supérieur, cynique, victorieux, glacial ... enfin un mélange de toute ça j'ai l'impression. Il semble me dire "T'as pas quatre ans, alors passe à autre chose. Je t'ai piégé, comme d'habitude, alors pourquoi t'en fais tout un plat ?". Dans un sens il a raison, c'est ça le plus triste. Mon père est un professionnel des intrigues dans les affaires, des tactiques bidons, des retournements de situation ... et il utilise tout ça pour obtenir ce qu'il veut, même dans sa vie privée. Pourquoi il ne le ferait pas hein ? Là, dans le hall, sous les regards de tout le monde, il faut faire bonne figure. Pourtant, ma mâchoire est tellement serrée que j'ai l'impression que mes dents vont se briser une à une. Mélange détestable de colère et de frustration qui vous fait serrer les poings et vous donne envie de tout casser, mais comme vous ne le faites pas, c'est encore pire. Seulement il ne faut rien montrer, je ne dois rie montrer parce que ça ferait trop plaisir à mon paternel, et je refuse. Kara me regarde avec ses yeux de chien battu. Je sais qu'elle s'en veut d'avoir servie d'appât mais ce n'est pas sa faute. J'aimerais la rassurer sur ce point mais impossible avec les Norwood qui sont là. J'imagine qu'il ne me reste plus qu'à ravaler ma fierté, aussi douloureux cela soit-il. J'ai commencé à penser à Azylis, comme si c'est quelque chose de naturel à chaque fois que je vois Nora. Non pas que Nora ... enfin je n'ai rien à lui reprocher à proprement parlé. Seulement il y la reste qui gâche tout. A chaque fois que je la vois, je me souviens qu'elle est ma fiancée et non plus qu'une simple fille que je connais vaguement mais que j'apprécie. Alors je pense à Azylis, pour me calmer, me rassurer et pour avoir l'impression que tout n'est pas perdu, qu'il y a encore un peu d'espoir malgré tout. Ouais, j'ai pas l'air con à penser ça, heureusement que mon père n'est pas télépathe. Mais c'est pourtant vrai. Dans ce genre de moment, penser à elle me fait toujours du bien, ce qui est étrange quand on sait qu'on passe pas mal de temps à se disputer. Ouais, la vie semble être devenue une bonne blague depuis un certain temps. J'essaie d'imaginer ce que la situation aurait eu de différent si Julian était toujours là. S'il y a une chose dont je suis sur c'est qu'il ne serait pas resté les bras ballants dans le hall de la maison, il aurait dit, ou fait quelque chose ... Peut-être même que mon père n'aurait pas eu cette fabuleuse idée si mon frère était toujours parmi nous.

Maintenant, me voilà tout seul avec ma colère et ma frustration en plus de ce goût amer dans ma bouche. « Moi non plus mais si on y met du notre ça ne devait pas être si horrible que ça, si ? » a fini par dire Nora en parlant de cette future soirée cauchemardesque qui s'annonce. Je lui ai lancé un regard désabusé et pas convaincu. J'aimerais avoir la force de voir les choses comme elle. Je ne dis pas que ça a l'air plus simple à gérer pour Nora, seulement, elle s'épuise clairement moins que moi pour essayer de faire bouger les choses. Ce n'est pas un reproche, enfin oui et non. C'est juste que j'ai l'impression de me débattre sans cesse dans des sables mouvants et donc, de m'enfoncer encore plus quoi qu'il se passe. Ça va finir par m'achever tout ça. J'ai jeté un coup aux différentes personnes présentes. Non, faut être réaliste, ça ne pourra pas être une bonne soirée. « Si. » ai-je répondu d'une voix sans appel. Déjà, la façon dont j'avais été attiré à la maison ne m'a pas vraiment mis dans des bonnes conditions pour passer cette soirée. Je n'ai pas envie d'être ici. Je n'ai pas envie de dîner avec mon père comme si de rien était. Je n'ai pas envie de voir les Norwood. Je n'ai pas envie de jouer les parfaits petits couples avec Nora. Pas envie d'affronter le regard plein de compassion de Kara. Pas envie d'affronter le bruit des couverts heurtant la vaisselle de mon arrière-grand-mère. Envie de tout sauf d'être ici. Et elle a beau dire mais je sais que c'est pareil pour Nora. Seulement elle ne dit rien. Depuis le début de tout ça, elle ne dit rien et suit docilement. Parfois, je me demande si elle est vraiment contre ce projet de fiançailles ... Nous finissons donc par passer à table. On suit tous le mouvement. Je me demande un instant ce qui me retient de me tirer en courant et de rentrer chez moi. Kara enroulée à mon bras et la tête posée sur mon épaule peut-être. Mon père aussi, accessoirement. Il a fait de tels trucs, quant à ses menaces ... J'écarte l'idée absurde qui me dit que j'aie peur de lui. Impossible. Par contre, je sais qu'il a le bras long, et qu'il peut me faire payer la moindre incartade et ... Peu importe. Parce que la question ne se pose pas vu que j'ai simplement suivi le mouvement. Naturellement, je me retrouver à côté de Nora à table. Plus subtile, tu meurs. En face de moi, Kara. Qu'est ce que je ferais sans elle ce soir et qu'est ce que je donnerais pour que Julian soit là aussi. Mon père est au bout de la table, le père de Nora à l'autre bout. Le cliché du chef de famille je suppose. Mal à l'aise, mes bras restent comme collés à mon corps quand soudain, le père de Nora se lève pour porter un toast.

« Avant que nous ne commencions à manger, je tenais à vous remercier, Monsieur Carter pour nous avoir invité, et vous Brenda pour nous avoir préparé ce repas qui j’en suis sûr est délicieux. » Vous savez ce qui semble délicieux aussi ? Me planter une fourchette dans l'oeil. Je tente de prendre un peu de recule histoire de ne pas péter un plomb et toute la colère que je peux ressentir à propos de tout ça ne se voit pas trop au niveau physique. Mon père m'a toujours dit qu'un véritable homme d'affaire sait bluffer à la perfection et masquer toutes ses réactions physiques possibles pour induire son adversaire en erreur. Ou simplement pour ne pas faire de vagues. En tous les cas, mon père semble très à l'aise dans sa position de mâle dominant, à mon plus grand désespoir. « Jonathan, je vous en prie, arrêtez de me donner du monsieur et appelez moi Nick ! Après tout nous allons bientôt faire partis de la même famille tous ensemble, ce dîner est la moindre des choses ... » répond mon paternel tout sourire en m'observant du coin de l'oeil. Je sais que je l'ai déjà dit mis Nicholas Carter me donne envie de vomir et je sais que ça ne va qu'empirer pendant le dîner. Cette façon qu'il a eu de me regarder en répondant, comme s'il me tenait en respect, comme s'il a voulu me prouver encore une fois que c'est lui qui domine. Le tout avec un sourire mielleux qui rend le tout encore plus misérable. A moins que ce ne soit moi le plus misérable ? Je n'ose même pas regarder Nora. Pourtant, il va falloir faire quelque chose et ... Son père n'a pas fini son toast. « Et je voulais également porter un toast à Nora et Alec, nos deux jeunes fiancés, qui forment un très beau couple. A eux et à nos deux familles ! » termine-t-il. Un ... Oh putain ! Okay, on se calme. Entendre que Nora et moi formons un beau couple est le comble du ridicule. Là, malgré mes efforts, j'ai été obligé de serrer mâchoires et poings pour tenir bon, toujours focaliser sur mon assiette. Un instant, j'ai espéré que Nora souffle quelque chose. C'est son père qui vient de dire cette connerie, mais non. Le silence c'est fait assourdissant quelques secondes. Le regard de mon père me troue la peau. Il guette la moindre faute. Raison pour laquelle je ne remercierai jamais assez Kara pour avoir enchaîné, en levant son verre. « A nos deux jeunes fiancés ! » a-t-elle lancé avec un faux sourire qu'elle maîtrise elle aussi à la perfection. J'imagine que de toute façon, l'Art du sourire hypocrite est à maîtriser parfaitement quand on vient de notre milieu. Du coup, tout le monde a levé son verre en répétant d'un ton enthousiaste ce que vient de dire Kara. Je lance un regard reconnaissant à ma cadette et réussit à faire un sourire qui prend des allures de grimace. Ca doit être un cauchemar. Pourtant non, tout le monde boit quelques gorgées de vin et commence à manger l'entrée préparer amoureusement par Brenda. Amoureusement tu parles ... Je me sens aussi à l'aise qu'un poisson hors de l'eau et ai du mal à me décrisper. Sensation de ne rien pouvoir avaler. On n'a pas l'air con Nora et moi. « Alors Alec, que comptes-tu faire après tes études ? » m'a demandé le père de Nora, mon ... Mon beau-père. Calme, calme. C'est la première fois que nous passons autant de temps ensemble, j'ai jamais vraiment eu l'occasion de leur parler à tous les deux. A vrai dire, je n'en ai jamais vraiment éprouvé l'envie, surtout si c'est pour avoir le droit à ce genre de question. Même si je dois bien avouer que le père de Nora a l'air vraiment plus ... plus ... sain, que le mien. A nouveau, je sens le regard de mon père me transpercer la peau. Il surveille le moindre de mes faux mouvements, la moindre de mes paroles ... Limite s'il serait content si je me mettais à faire du pied à Nora sous la table ! Respire. faut que je prenne sur moi. « Il est probable que je prenne la direction de la firme de mon père après lui. » ai-je répondu d'une voix la plus normale possible en masquant mon hostilité au maximum. Sauf que bien sûr, il y a eu un mot en trop pour mon géniteur. Il a soudainement éclaté de rire. « Probable ? Veuillez excusez mon fils, il est terriblement modeste. Tout est prêt pour qu'il prenne ma place quand je partirai ... C'est un Carter après tout ! » a-t-il expliqué comme si c'était la chose la plus évidente du monde. Kara et Brenda se font silencieuses mais je sens ma belle-mètre prête à intervenir malgré tout. Clairement, ça se joue entre nos pères et nous, enfin si Nora se décide à ouvrir la bouche un jour ou l'autre.J'ai pris un morceau de salade. Autant dire qu'il est passé difficilement. Seulement ce n'est pas fini, c'est très loin d'être fini. « Au fait j'ai vu cet agréable appartement sur Park Avenue qui est à vendre depuis seulement quelques jours en rentrant tout à l'heure ... Dès que je l'ai vu, il m'a tout de suite fait penser à vous. » a-t-il dit soudainement comme si de rien était en dégustant l'entrée de Brenda. Inutile d'avoir un décodeur pour comprendre ce qu'il sous-entend. Je suis sur que ma fourchette a changé de forme tellement ma main l'a serrée encore et encore. Une bonne chose qu'il y ait un hôpital pas loin parce que j'en connais un qui va en avoir besoin s'il continue et si j'arrête de me retenir. Cette fois j'ai gardé la bouche fermée. A Nora de se coltiner un peu les questions chiantes. Après tout ce n'est pas ce qu'on est censé faire dans un couple fiancé, marié ou peu importe ? Le partage des tâches ? Haha. Je crois que je vais définitivement finir par me planter la fourchette dans l'oeil.
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MessageSujet: Re: ❝Bad karma ω Alec & Nora ❝Bad karma ω Alec & Nora EmptySam 11 Aoû - 15:35

C’était un cauchemar. Elle se voyait dans un grand couloir vide, qui s’allongeait à chacun de ses pas. Elle n’en voyait pas le bout et elle ne voyait pas comment s’en sortir. Ce dîner, c’était pareil, exactement pareil. Il venait à peine de commencer et pourtant c’était comme si elle était là depuis des heures. Et il allait durer une éternité. Ils n’avaient même pas commencé à manger ! Elle avait mal partout à force de se crisper pour rien et quand bien même elle le voudrait, elle avait la sensation qu’elle ne pourrait pas bouger. Parler aussi serait difficile, elle entendait déjà ses paroles à moitié étouffées, toujours coincées dans sa gorge. On lui ferait répéter et elle aurait toujours autant de mal à parler. Bon sang ! Pourquoi avait-il fallu que son père lui fasse ça ? Pourquoi ne l’avait-on pas prévenue suffisamment longtemps à l’avance pour qu’elle puisse s’y préparer ? Pour qu’elle puisse se préparer à l’enfer que serait ce dîner ? Enfin, là encore, pas sûre qu’elle aurait pu mieux supporter tout ça. A ce point-là, elle ne savait même pas ce qui pourrait rendre cette farce plus supportable. Elle ne voyait rien qui pourrait la sauver, là. Elle ne pouvait pas compter sur son père, elle ne pouvait pas compter non plus sur sa mère, quant à Alec… Bien sûr ils devaient se serrer les coudes, mais elle ne voyait pas comment ils pourraient s’aider tant ils semblaient incapables d’agir tous les deux. La jeune femme voyait bien que son « fiancé » - vaste blague - était dans le même état qu’elle. Ah bah ça promettait tiens. Ils allaient surement très vite s’en sortir s’ils continuaient tous les deux comme ça. Mais Nora se sentait à part. Elle était spectatrice de la pièce qui se jouait sous yeux. Elle n’arrivait pas à se dire que c’était réel, que c’était bien elle qui était assise là, crispée, tendue, qui n’arrivait pas à prononcer le moindre mot ou à regarder ailleurs que dans le fond de son verre. Intérieurement pourtant, elle se voyait agir, elle se voyait se rebeller, contredire tout ce qu’on disait sur elle et Alec, tout ce qui était complètement faux. Tout sonnait complètement faux, c’était presque à vomir. Pourtant, ça ne choquait personne. C’était affligeant. Elle se maudissait pour n’être pas capable d’agir. Pourtant, intérieurement, ça carburait à plein tubes. Elle s’exhortait intérieurement : « Bouge-toi, dis quelque chose ! Agis au lieu de rester stupidement assise sur cette chaise, à regarder ton assiette ! Comme c’est passionnant ! C’est sûr que de la porcelaine, c’est plus important que ton avenir. ». D’autres propos du même gout venaient compléter les encouragements. Pourtant, la jeune femme avait beau se dire tout ça, elle ne réussissait qu’à assister impuissante à la scène de son père en train de porter un toast aux deux jeunes fiancés. C’était comme si la véritable Nora était enfermée à l’intérieur de son corps et qu’elle n’arrivait pas à s’exprimer, à s’en échapper malgré tous les efforts qu’elle fournissait.

Son père se tenait debout, en bout. Coupe de champagne à la main, portée bien haut, il félicitait Alec et Nora pour leurs fiançailles. C’était drôle et assez triste à voir en même temps. De qui se moquait-il ? Qui ici, qui autour de cette table pouvait prétendre croire à ces balivernes ? Autant qu’ils voulaient s’en persuader, Jonathan et Nicholas ne pouvaient décemment pas croire à toutes les conneries qu’ils disaient. Parce que s’en étaient, des conneries, des foutaises, des balivernes, ou peu importe. Aucune personne sensée ne pouvait croire à ça. Nora se demandait comment ils pouvaient se persuader que tout ça était vrai. Qui a cru que c’était une bonne idée ? Comment en étaient-ils venus à la conclusion que forcer à se marier deux jeunes gens, de nos jours, serait la meilleure chose à faire pour eux ? La jeune avait posé ces questions de nombreuses fois à son père, et il n’avait jamais daigné lui donner une vraie, lui répétant à chaque fois que c’était ce qu’il y avait de mieux pour elle et qu’elle devait arrêter de remettre ça sur le tapis. Mouais. Nora écoutait son père, tout le monde l’écoutait, dans un silence presque religieux. Elle se demandait comment tout le monde autour d’elle faisait pour ne pas éclater de rire. « Jonathan, je vous en prie, arrêtez de me donner du monsieur et appelez-moi Nick ! Après tout nous allons bientôt faire partis de la même famille tous ensemble, ce dîner est la moindre des choses ... » Le père d’Alec en rajouta une couche. Comme si ce n’était pas suffisant. Malgré tout le respect qu’il lui inspirait, la jeune femme ne pouvait s’empêcher de le trouver ridicule, tout aussi ridicule que son propre père. Ils récitaient leur texte à la perfection. Qu’on leur donne un oscar à chacun. Pendant ce temps, Nora ne semblait toujours pas décidée à lever la tête. Là, elle était absorbée par l’examen des motifs de la nappe. Mais elle écoutait, et se frappait mentalement la tête contre un mur. C’était le moment idéal pour agir, pour dire quelque chose, pour enfin se rebeller… Quoique ce n’était peut-être pas la meilleure idée que de se donner en spectacle devant tout le monde… Et son père qui lui passerait le pire des savons, elle serait la honte de la famille… Pourtant, elle savait que c’était LA chose à faire. Elle n’arrivait juste pas à s’y résoudre, et espérait profondément qu’Alec agirait. Il était beaucoup plus courageux qu’elle. Elle tourna légèrement la tête vers lui, pour la première fois depuis qu’ils s’étaient assis. Et depuis qu’elle était arrivée, ce devait être le second regard qu’elle lui lançait. Tu parles d’un jeune couple fraichement fiancé et supposé heureux. Leurs toasts là, ce n’était que de la publicité mensongère. En tout cas, Alec semblait aussi impuissant qu’elle. C’était rassurant. Ou pas en fait… Vraiment, ça n’augurait que du bon pour l’avenir s’ils continuaient à faire l’autruche comme ça. Nora but une gorgée de vin pour essayer de faire descendre la boule qui s’était formée dans sa gorge. « A nos deux jeunes fiancés ! » Elle manqua de s’étouffer en entendant la sœur d’Alec prononcer ces mots. Du coup, elle fut forcée de lever les yeux et de regarder pour la première fois toutes les personnes assises à table. Elle se força à sourire pour faire bonne figure mais à ce stade, elle ne savait même pas si elle faisait illusion. Elle s’en fichait pas mal à vrai dire. L’entrée arriva. Elle était sauvée, pour un court instant surement, mais c’était toujours ça de pris. Heureusement que les bonnes manières voulaient qu’on ne parle pas la bouche pleine, elle prendrait un malin plaisir à prendre son temps pour finir son assiette. Seulement la salade était difficile à avaler. Elle avait du mal à passer, c’était comme tout en fait, Nora avait simplement du mal à avaler ce qu’était sa vie en ce moment. Elle avait dû louper quelque chose, un jour tout allait bien et celui d’après… elle était fiancée et se retrouvait dans un bordel pas possible. Du coup, l’entrée que Brenda s’était donné du mal à préparer avait un gout amer, et la jeune femme n’arrivait pas à l’apprécier.

Tout le monde semblait l’apprécier pourtant, cette entrée. Sauf peut-être Alec. Il devait être encore plus mal à l’aise qu’elle, si c’était possible. Parce que Nora n’était pas loin de toucher le fond, là. Cette impression empira quand son père, Jonathan, se mit à poser des questions à son « gendre ». Il lui demanda ce qu’il comptait faire après ses études, le tout accompagné d’un grand sourire et d’un air mielleux à vomir. La jeune femme éprouvait rarement autant d’aversion à l’égard de son père, c’était même la première fois. Elle n’arrivait pas à digérer le coup qu’il lui avait joué ce soir, le coup qu’il lui avait joué en arrangeant son mariage. Et pourtant, elle ne faisait rien contre. En vouloir à son père, c’était une manière de se décharger de la culpabilité qui l’envahissait à chaque fois qu’elle voyait Alec. Quand elle se défoulait, mentalement sur lui, c’était une manière cachée, inconsciente, de se défouler sur elle-même. Elle ne prêta pas une grande attention à la conversation qui suivit, sur l’avenir du jeune homme, le fait qu’il devait prendre la succession de son père… Ça ne l’intéressait pas vraiment. Elle jetait simplement quelques regards inquiets à Alec, pour voir comment il s’en sortait. Il semblait réussir à masquer son malaise, mais il ne la trompait pas. Peut-être que leurs deux pères se satisfaisaient de cette attitude sereine qui n’était qu’apparente, mais ils ne pouvaient pas croire qu’il était réellement calme. Il devait bouillonner intérieurement, ils bouillonnaient tous les deux. La conversation continua après le court silence qu’avait engendré le duel père/fils. Il y avait pour l’instant trois combattants sur le ring : les trois hommes, Alec, Jonathan et Nicholas. La bataille semblait difficile à gérer pour le premier et il aurait surement besoin d’un allié très vite. Nora. Seulement, comme les autres femmes présentes ici, elle ne semblait d’aucun secours. « Au fait j'ai vu cet agréable appartement sur Park Avenue qui est à vendre depuis seulement quelques jours en rentrant tout à l'heure ... Dès que je l'ai vu, il m'a tout de suite fait penser à vous. » La jeune femme manqua de s’étouffer une seconde fois avec sa feuille de salade. Elle toussota, encore, encore, et dut boire une gorgée de vin pour que ça aille mieux. Un appartement sur Park Avenue ? Ce que le père d’Alec insinuait était très clair : il était en train de sous-entendre qu’ils devaient s’installer ensemble. « Park Avenue est l’endroit idéal pour un jeune couple. » approuva ensuite le père de Nora. Là, elle ne put s’empêcher d’éclater de rire. Elle ne savait pas ce qui lui prenait, c’étaient surement ses nerfs qui lâchaient. Sa mère la regarda avec des yeux ronds, tout le monde la regarda ainsi, comme si elle était complètement folle. Son père la regarda d’un air désapprobateur, il rougissait. « Nora ! Arrête-ça tout de suite ! Tiens-toi un peu. » Elle s’arrêta presque immédiatement. Il avait raison, elle devait se tenir. Mais elle se retenait depuis tout à l’heure, pas étonnant qu’elle ait fini par exploser ainsi. « Veuillez m’excuser, je hum… je pensais à une blague que mon amie m’a raconté avant de partir et hum… je suis désolée. » s’excusa-t-elle. Elle se sentit rougir et elle n’avait certainement pas l’air très convaincante, mais c’était tout ce qu’elle avait trouvé. Son père allait la tuer en rentrant, c’était certain. Et sa mère ne pourrait pas l’aider. Enfin pour le moment elle avait un autre problème plus urgent à régler. Ils ne pouvaient pas vivre ensemble ; et puis quoi encore ?! Jusqu’où la blague irait-elle ? La jeune femme se racla la gorge pour reprendre. Elle lança à nouveau regard à Alec, il ne l’aiderait pas sur ce coup-là. C’était visiblement à son tour de se battre, son round à elle. Elle n’était pas encore entrée en jeu, elle le devait à présent. « Je ne sais pas si c’est une bonne idée qu’on vive ensemble. »Son père la fusilla une nouvelle fois du regard, pourquoi est-ce sa fille lui mettait tant de bâtons dans les roues ? Le père d’Alec lui, affichait un air de totale incompréhension. Pour qui se prenait-elle, cette petite brune, à contredire sa bonne idée ? « Pour le moment, je veux dire. » Nouveau raclement de gorge. Elle ne savait pas si c’était le bon moment pour remettre en cause ce mariage, cette idée soi-disant fabuleuse, pour se rebeller un peu plus, pour mettre les pieds dans le plat… Et pourtant. « Ou peut-être jamais... Tout le monde sait que cette idée de mariage n’est pas si géniale que ça… Et pourtant nous sommes-là. Je pense que c’est trop tôt, il nous faudrait déjà un peu de temps pour digérer tout ça mais honnêtement… je ne vois pas en quoi nous forcer cette fois à vivre ensemble arrangerait les choses. Ça les empirerait au contraire. » Nora n’arrivait pas à croire qu’elle avait dit ça, et regretta instantanément ses paroles. Elle chercha un moyen de les ravaler tout en sachant pertinemment que c’était impossible. Il y eut un grand silence, elle baissa la tête dans son assiette, à nouveau. Elle aurait dû se taire. Son père tapa du poing sur la table. Elle venait de signer son arrêt de mort.

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MessageSujet: Re: ❝Bad karma ω Alec & Nora ❝Bad karma ω Alec & Nora EmptyJeu 30 Aoû - 17:54

J'essaie d'imaginer ce que ça doit être de dîner avec ses futurs beaux-parents dans la vie normale. Quand ce n'est pas l'argent qui régit tout mais l'amour, ou du moins les sentiments. Ca doit être sympa quand ça se passe comme ça. J'imagine, c'est tout ce que je peux faire de toute façon. Mais fiançailles forcées ou pas, dans tous les cas je ne pense pas être du genre à organiser pour que "ma copine" et ses parents rencontre les miens. Pour ça, il faudrait que je m'entende bien avec eux, ceux qui n'est pas réellement le cas, que ce soit avec mon père, ma mère ou Brenda. Ma famille est une connerie sans nom où chacun mène la vie qu'il entend en se moquant des autres. Ma mère en est l'exemple parfait vu qu'elle a refait sa vie à l'autre bout du pays et exprime rarement le besoin de nous voir et de nous serrer dans ses bras. La dernière fois que nous l'avons vu, c'était à l'enterrement de Julian, ce qui commence à dater. Enfin vu que je n'ai jamais été un grand sentimental, j'arrive à passer outre. Julian aussi y arrivait. Pour Kara, j'ai des doutes. Au moins, on peut reconnaître que notre cher père ne nous a pas abandonnés lui, même si j'avoue que j'aurais préféré. Comment faire face ? Crispé sur ma chaise, je m'imagine foutre mon poing sur la table un grands coup, faisant bondir tout le monde. Mon père renverserait son verre sur son costume flambant neuf. Je partirai victorieux de cette pièce et de cette maison sans dire un mot. Une véritable sortie de théâtre. Oh ça, oui, j'imagine cette scène parfaitement. Pourtant tout reste bloqué, autant les gestes que les paroles. J'ai l'impression que ma tête va exploser tellement la colère et l'impuissance sont en train de me faire perdre la raison. Je relève la tête lentement vers Kara qui me fixe toujours d'un air inquiet. Heureusement qu'elle est là ... Je sais que dans toute cette histoire, elle me soutient du mieux qu'elle peut, que dans tout ce bordel, elle est la seule personne à qui je peux m'accrocher sans craindre qu'elle ne me laisse tomber. J'aurais aimé que mon frère soit la deuxième personne. Tout aurait été tellement plus simple s'il était toujours avec nous. Avec son soutien, je me serais senti beaucoup plus fort ... Je ne serais pas rester là, planté sur ma chaise, le dos presque vouté en regardant les motifs de la nappe qu'a installé Brenda une heure plus tôt. Plusieurs personnes que je connais ne comprennent pas comment je peux laisser faire ça. Pour Nora aussi ça doit être la même chose j'imagine. Comment leur expliquer que ce n'est pas aussi facile que ça en a l'air quand on a des parents comme les nôtres ? Et encore, le père de Nora semble moins ... moins ... enfin moins Nicholas Carter quoi. C'est ça en fait, me battre contre Nicholas Carter depuis toutes ces années me fatigue. J'ai l'impression que ça ne sert plus à rien, quoique je fasse.

L'entrée arrive, dans la joie et la bonne humeur, à quelques détails près. Je suis reconnaissant à Kara qui essaie de faire ce qu'elle peut tout en sachant qu'elle n'a qu'une petite marche de manoeuvre. Honnêtement, tout le monde sait qu'elle n'est là que pour faire tapisserie vu que cette "affaire" ne la "regarde pas", selon mon père. Qu'il essaie de la faire taire, là, je jure que je ne réponds plus de rien. Toute cette mascarade me donne mal à la tête. Je regarde tous ces visages hypocrites. Ils font comme si c'était la meilleure chose qui peut arriver mais ils savent très bien que c'est faux. Le père de Nora a peut-être les meilleures intentions du monde, j'en sais rien mais en tout cas, je sais que c'est excuse ne va pas au mien. Je suis pas stupide à ce point et d'ailleurs, il ne cherche même pas à essayer de se cacher derrière ça. Tant mieux d'ailleurs parce que ça serait un comble qu'il fasse son numéro de père attentionné avec un passé comme le sien. Malgré tout, j'essaie de me détendre, de penser à des choses agréables comme Azylis, les souvenirs heureux avec mon frère et ma soeur, les fêtes avec les gars ... Après avoir répondu d'un ton plat à la question de mon cher beau-papa, j'ai mis un mur entre eux et moi avec la ferme intention de garder la bouche fermée tant que Nora n'aura pas ouvert la sienne. Je me répète qu'on est tous les deux dans la même galère, qu'on doit donc se serrer les coudes seulement, si on n'a pas le même point de vue sur tout ça, je ne vois pas comment on va pouvoir faire. Je grince des dents en entendant les sous-entendus de mon père sur cet appartement de Park Avenue. Okay, là ça commence vraiment à prendre un tournant un peu trop sérieux à mon goût. Pas que je prenne toute cette histoire à la rigolade -oh ça non- mais cette histoire d'appartement, c'est autre chose. Le pire dans toute cette histoire c'est que Nora et moi on s'entendait bien il n'y a encore pas si longtemps mais maintenant ... Nous sommes que deux simples étrangers l'un pour l'autre. Comme d'un commun accord, le père de Nora enchaîne en appuyant sur tout ça. Emménager ensemble ? Non mais ils ne voient pas que c'est des conneries tout ça ? Je me demande s'ils y croient vraiment à tout cette situation. Si c'est le cas, avec tout le respect que je leurs dois, c'est qu'ils sont complètement con. J'espère que Nora va réagir ... et à grande surprise, elle le fait mais pas de la façon dont je l'ai imaginé.

Elle éclate de rire après la phrase de son père. Je crois qu'on l'a tous regardée avec des grands yeux à ce moment là. Oui, même moi. Parce que c'est Nora. Moi je croyais que tout ça, ça lui allait ... enfin pas vraiment mais qu'en tous les cas, elle ne contredirait pas son père. Mais là ... elle vient d'éclater de rire en plein milieu du repas en guise de réponse à une proposition très sérieuse. Autant dire que je ne me suis pas attendu à ça, et visiblement, je ne suis pas le seul. « Nora ! Arrête-ça tout de suite ! Tiens-toi un peu. »a fait son père honteux. J'ai regardé le mien. Son visage s'est refermé mais il a peine à masquer le trouble qui l'a envahi depuis l'éclat de rire de ma "fiancée". Autant dire que ça, il ne l'avait pas prévu. « Veuillez m’excuser, je hum… je pensais à une blague que mon amie m’a raconté avant de partir et hum… je suis désolée. » s'est-elle excusée. Je vois ma soeur se mordre la lèvre inférieure pour se retenir de trop sourire. Oui parce qu'on sait tous que l'excuse de Nora est bidon hein, pour que ça se passe pile à ce moment ... Je me mords l'intérieur de la joue pour ne pas trop sourire non plus. Elle vient de remonter dans mon estime là. Prendre ça de façon légère, hum, je n'y avais pas pensé. Honnêtement, ça me ferait des vacances d'arrêter de me prendre la tête pour tout ça. Elle rougit légèrement en réalisant dans quelle situation elle s'est mise. Les regards embarrassés de ses parents sont braqués sur elle, Brenda reste surprise et mon père ... mon père, c'est autre chose. Nora et moi échangeons un très bref regard mais elle sait bien que c'est à son tour de parler. Quoique j'ai rien fait ... Bref, mais vu comment elle est partie, je préfère la laisser continuer dans son élan. A vrai dire, je crois que j'arrive pas à trouver les mots pour réagir pour le moment. « Je ne sais pas si c’est une bonne idée qu’on vive ensemble. » a-t-elle lâché brusquement. Là, je n'ai pu retenir mes lèvres de s'étirer en un large sourire tout en ne la lâchant pas des yeux et surtout, je n'ai pas pu m'empêcher de lâcher un : « Enfin ! », comme dans "enfin, il était tant que tu réagisses !", le tout un peu trop fort. Le genre de pensée que vous auriez préféré ... juste penser en fait. Même si je soutiens Nora à 100%, ce n'était pas prévu que ça sorte de ma bouche aussi rapidement avec un volume aussi fort. Peu importe. Elle s'expose ... Son père semble vraiment furieux, quant aux miens, il a du mal à tout suivre je crois. A mon avis il cherche à quel moment la situation lui a échappé. Il déteste quand les choses lui échappent, en affaires ou à la maison. Mais il faut dire que là, on atteint les sommets de la connerie. Vivre ensemble ? Nora et moi ? Sur Park Avenue. Profiter de ma liberté dans mon appartement de Noho semble soudain être le nirvana. Mais quand j'y pense, ça ne m'étonne presque pas. C'est vrai, quand on connaît les idées tordues de mon père, le fait qu'il nous trouve un appartement est presque dans la logique des choses. « Pour le moment, je veux dire. » Ca aussi c'était presque prévu. Nora se racle la gorge, pas très sure d'elle visiblement. Normalement, c'est moi qui est la source de ce genre de scène et autant dire que je ne prends pas de gants. La preuve en est avec ce qui s'est passé tout à l'heure, quand j'ai découvert ce que mon père a fait pour que je vienne. La colère qui m'a envahi m'a donné l'impression que la seconde suivante, je n'allais plus répondre de rien. Elle essaie d'y aller en douceur. Un instant que je me suis dit que n'ayant essayé que la manière forte avec mon paternel, peut-être que la manière douce va fonctionner. Seulement en voyant sa tête, en voyant ses yeux se plonger dans les miens ... Je sais qu'il va en falloir beaucoup plus. « Ou peut-être jamais... Tout le monde sait que cette idée de mariage n’est pas si géniale que ça… Et pourtant nous sommes-là. Je pense que c’est trop tôt, il nous faudrait déjà un peu de temps pour digérer tout ça mais honnêtement… je ne vois pas en quoi nous forcer cette fois à vivre ensemble arrangerait les choses. Ça les empirerait au contraire. » a-t-elle terminé. A quel point sont-ils tous aveugles pour ne pas savoir ça ? A quel point sont-ils ... dans un autre siècle pour décider de nos vies à nos places ? On croirait un mauvais film et pourtant, c'est bien la réalité et il faut faire avec. Je me tiens droit sur ma chaise, les bras croisés sur ma poitrine, visage fermé, moins triomphant que tout à l'heure. Les premières réactions ne se font pas prier, facile de le deviner. Si le dîner n'a pas été très chaleureux dès le départ, autant dire qu'avec le petit discours de Nora, l'ambiance déjà mauvaise vient de se dégrader un peu plus. Nora panique légèrement après ses paroles, elle semble regretter qu'elles soient sorties. Mais en tout cas, là elle vient de gagner mon soutien. Littéralement furieux, le point du père de Nora fait trembler la table et la vaisselle dans un bruit sourd. Sa bouche s'ouvre mais il bloque quelques secondes et le seul mot qu'il est capable de sortir c'est : « NORA ! » Il y a eu un moment de blanc, quelques secondes, très lourdes, où personne ne sait quoi dire. Le père de ma voisine semble être sur le point de faire une crise cardiaque. Je sens soudain le regard brûlant de mon père sur moi. Je suis sur qu'il pense que c'est de ma faute, que c'est moi qui ai transmis à Nora mes idées de révolte. Les regards se posent un à un sur moi, comme si tout ça n'était qu'une partie de ping-pong et que c'est à mon tour de jour. Je suis resté aussi calme que possible. « Bah quoi ? Vous devriez être contents, non ? Nora et moi on commence à être d'accord sur les choses, c'est pas une condition essentielle pour faire un bon couple ? » ai-je ironisé. Mon père a littéralement vu rouge. On s'est défiés du regard pendant de longues secondes. Mon père est un vicieux, il n'est pas du genre à s'énerver ouvertement en public. « Voilà un point de vu très intéressant Nora ... » a-t-il murmuré du bout des lèvres comme le serpent venimeux qu'il est. Il regarde Nora d'une façon doucereuse, puis, pose un regard plus dur sur moi, tout en faisant comme s'il s'adressait encore à Nora. « Mais les procédures engagées, ça serait bête de tout arrêter maintenant ... Surtout qu'il pourrait y avoir des conséquences. » La dernière partie m'a presque fait froid dans le dos. Des conséquences, menace déguisé directement pour moi. Comptes gelés, Canada, pensionnat ... tout ça tout ça. Choses biens réjouissantes, choses que je ne peux pas oublier mais malgré ces soit disant menaces, je ne peux me résoudre à accepter la situation. Mon géniteur et moi défions du regard dans un silence mortel. « Qui veut reprendre de l'entrée ? » a fait soudainement Brenda en se levant légèrement pour présenter le plat à tout le monde. Son ton enjoué m'a fait sursauter. Autant dire que là, je lui en suis très reconnaissant pour être intervenue. Je tâche de me détendre un minimum tandis que tout le monde essaie de fait comme si rien ne s'était passé. « Reprenons notre dîner là où nous l'avons laissé, on va dire que nous n'avons rien entendu. » a dit mon père tout sourire à nouveau. Pointe dans le coeur en l'entendant dire Je me suis dit que la tentative de Nora ne peut pas se terminer de cette façon. « Moi je crois qu'on a tous très bien entendus. » ai-je sifflé. Là, je viens de signer le mien, d'arrêt de mort. Peu importe, ça devient impossible de tenir ici et l'envie de partir est de plus en plus grandissante.
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❝Bad karma ω Alec & Nora

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