It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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Je m'balladais, sur l'avenue... [free]

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MessageSujet: Je m'balladais, sur l'avenue... [free] Je m'balladais, sur l'avenue... [free] EmptyMar 5 Juil - 15:43

…Le cœur ouvert, à l’inconnu, j’avais envie de dire bonjour à n’importe qui !

Emily avait ce refrain en tête depuis ce matin. Ce qui la fit sourire, étant donné qu’elle avait quitté Paris depuis peu, seulement. En effet, elle était arrivée il y avait à peine quelques jours, mais la gentille réceptionniste de l’hôtel lui avait fait visiter New York. Toutes les deux avaient été se balader dans Centra Park et Lily était conquise. Elle adorait cet endroit, si bien qu’elle y était revenue seule. New York était vraiment un lieu spécial et Lily comprenait pourquoi son père y était revenu. Dès qu’elle avait posé les pieds sur le sol Américain, elle s’était senti fière d’avoir un peu de racines implantées ici. Si fière d’avoir un papa américain, elle le remercia intérieurement pour ce merveilleux héritage culturel. D’ailleurs, elle était venue ici pour le retrouver mais les recherches n’avançaient pas beaucoup. Elle n’avait qu’un nom. Ni numéro de téléphone, ni photo, ni rien qui puisse la guider, sa mère avait détruit les derniers souvenirs qu’elle possédait de lui. Rien que pour ça, elle la détestait.
Mais Lily prenait son temps. Même si l’envie de revoir son papa était très forte, elle savait qu’il y avait de grandes chances pour qu’il ai déménagé. L’homme n’était pas du genre à rester en place et les années avaient défilé. L’unique lettre qu’elle avait de lui remontait à loin, déjà, et sa mère l’avait détruite. Mais son père avait des contacts, et s’il apprenait qu’elle venait d’arriver à New York, nulle doute qu’il essayerait de la joindre. Et puis elle n’avait pas chômer depuis son arrivée. Elle avait loué une chambre d’hôtel, puis elle avait postulé dans un bar pour y poursuivre sa carrière de barmaid, elle avait réglé quelques affaires nécessaires pour pouvoir rester ici sans soucis, bref, la débrouillardise de Lily avait une fois de plus payé. Aussi s’était-elle accordé une petite journée de pause, simplement pour profiter du beau temps et de ce splendide parc.
Elle aimait les grands espaces, et cet endroit lui permettait de se couper un peu de la ville, de retrouver un peu d’espace vert et surtout de souffler. Emily avait des rêves pleins la tête, elle savait qu’ici, tout était possible, bien mieux qu’en France en tout cas. Et puis elle croyait en elle, en ses capacités et en son destin, un jour, la roue finirait par tourner et la galère cesserait enfin. Quoi que Lily n’était pas bien malheureuse, elle aimait son métier, elle avait la chance de pouvoir vivre dans un pays qui lui tenait à cœur, et elle était libre de faire ce qui lui plaisait. Simplement, elle en voulait plus, pouvoir se payer ce qu’elle désirait, pouvoir avoir une magnifique maison, une belle voiture, des fringues de marques, l’amour.
Ah l’amour. Lily ne l’avait jamais vraiment connu. Elle avait multiplié les aventures, elle refusait de s’attacher et se sentait vivante grâce à ses instants éphémères. Mais aujourd’hui, elle commençait à se dire qu’un bout de chemin à deux, ce ne serait pas si mal. Et en voyant certains hommes dans les rues de New York, elle ne pouvait s’empêcher d’admirer leur prestance et leur démarche assurée. Elle voulait quelqu’un de fort et de protecteur, quelqu’un avec des épaules solides sur lequel elle pourrait aisément compter. Même si elle avait surtout l’habitude de ne compter que sur elle-même, m’enfin bon.
Bref, il semblait que cette ville fasse renaître en elle des désirs et des projets endormis depuis bien trop longtemps. L’influence américaine était plutôt positive, elle se sentait à sa place ici, contrairement à ce qu’elle avait pu ressentir à Paris. Lily savait que l’avenir lui sourirait, en tout cas elle ferait tout pour. Elle avait l’habitude d’être actrice de sa vie, elle aimait la contrôler et jusqu’à présent, cet état d’esprit lui avait plutôt bien réussi puisqu’elle s’était sortie de diverses situations compliquées.
Aujourd’hui, elle se baladait. Elle était là, toute seule au milieu de cette masse de gens qui avait visiblement eu la même idée qu’elle. Elle se sentait bien, fermant les yeux pour mieux sentir le soleil sur sa peau, respirant l’air frais qui courait sur son visage, souriant à cette ville, à cette vie qui apparaissait comme une renaissance.
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MessageSujet: Re: Je m'balladais, sur l'avenue... [free] Je m'balladais, sur l'avenue... [free] EmptyVen 12 Aoû - 14:13

[ HRP : Après un peu de réflexion, à la recherche d'un RP, j'ai pris la liberté de me lancer sur le tien. S'il ne te satisfait pas ou si tu préfèrerais attendre que quelqu'un d'autre se manifeste, tu n'auras qu'à me glisser un MP et je retirerai mon post... En espérant que ça te satisfasse, parce que ma plume est un peu rouillée. xD ]



Suicide, longue descente aux enfers? Ou envie de changement, de réapprendre à vivre qui avait pris le pas sur la raison?

Ce n'était pas que je regrettais mon choix, mais c'était presque ça. Venir m'installer ici, sur un coup de tête, parlant à peine anglais et ne sachant au bas mot rien de la culture américaine... Était-ce vraiment ce qu'il me fallait?

Encore là, traînant mes pieds sur le sol du seul endroit où la culture américaine n'était pas omniprésente, quelque chose me rendait mal à l'aise. Certes, Tokyo était beaucoup trop influencée par les États-Unis, mais quelque chose en ces lieux était beaucoup plus étouffant que mon ancienne ville. Évidemment, rester ici tout en retrouvant le Japon que je chérissais tant ou une maison à moi était un euphémisme. À peine arrivé, je ressentais déjà le mal du pays. Les gens de New York étaient si différents de ceux que je côtoyais avant... Et même dans ce parc immense, parmi les arbres et les bancs aux ornements de fer, je ne parvenais pas à me voir m'établir en Amérique pour toujours. Quelque chose me manquait, mais je ne parvenais pas à mettre le doigt dessus et c'est dans cet esprit de profonde confusion que je finis par poser les fesses sur un banc chauffé par le soleil mais ombragé de quelques feuilles éparses, seul. Seul avec la voix douce de cette chanteuse qui me susurrait des mots à l'oreille dans ma langue natale à travers l'écouteur, seul avec mon carnet traînant au fond de mon sac, seul avec mon appareil photo faisant de même... La tentation de brûler quelques pellicules ou d’étrenner mon crayon sur une douce surface blanche comme la crème était forte, à peine quelques jours après mon arrivée. Malgré mon malaise à me trouver parmi ces gens, dans ce pays étranger, je ne pouvais pas m'empêcher de dessiner et de prendre des clichés... C'était probablement la seule chose qui me gardait de sous-louer cette chambre, de tout remballer et de sauter dans le prochain avion vers le Japon, ça et la peur de la revoir. Ici, je savais que je pourrais définitivement tourner la page. La seule chose qui me réconfortait dans ce pays sombre et froid, dans cette ville grise où seul le soleil semblait diffuser un peu de chaleur...

Et la seule chose qui me provoquait un pincement au cœur. Dans une boîte, en-dessous de toutes les autres, dormaient encore des photos de cette fille que je ne parviendrais jamais à oublier complètement, à laquelle je prendrais bien du temps à dire adieu malgré ce mois complet passé au Japon loin d'elle. À chaque fois que je voyais le visage d'une Asiatique, j'y voyais le sien. Il n'y avait peut-être que ceux des occidentaux, dans leur noble froideur, qui ne me ramenaient pas à ce moment qui avait détruit 28 années de ma vie... Je voulais dessiner une personne à la morphologie occidentale, pour changer. Mon crayon s'attarda un moment au-dessus de la feuille, commença à tracer quelques formes, puis son esquisse fut aussitôt balayée par ma gomme à effacer. Il me fallait un modèle, sinon, je n'y parviendrais jamais. Toute ma vie, pour dessiner des gens, je n'avais eu pour modèle que ceux qui m'entouraient. Ne soyez pas étonné si dans chaque dessin d'une fille au visage asiatique fait sans modèle, on retrouve un semblant d'Ayumu. Voilà pourquoi je m'abstenait de dessiner des scènes et des décors japonais, même s'ils pourraient baisser l'intensité de mon mal du pays... Il y avait quelque chose dans chacune de ces esquisses qui me faisait plus mal que celui qui, subtilement, faisait son nid et qu'on reconnaissait bien sous le nom de blues.

Alors, je me retournai précautionneusement, passant les jambes de l'autre côté du banc pour être placé à l'envers et accoter mon cahier sur le dossier de bois. Mon regard parcourut allègrement l'assistance, ou plutôt la foule, bien occupée à se détendre en cet après-midi ensoleillé. Tout le monde bougeait, impossible de prendre un modèle parmi ces gens. Des chiens jouaient avec leur maître, d'autres pratiquaient divers sports : patins à roues alignées, vélo, foot, jogging, football américain... Certains marchaient tout simplement, mais le temps que j'aie dessiné le squelette de leur visage, ils auraient déjà disparu. Peut-être serais-je mieux de prendre une photo et de revenir plus tard? Enfin, on pouvait toujours essayer de se retourner et d'aller voir de l'autre côté de la rue piétonne... Et je ramassai sommairement mon matériel, me levant doucement pour traverser. Malheureusement, je n'avais pas regardé et failli percuter une jeune femme. Juste à temps, je m'arrêtai dans mon élan et, en bredouillant de pâles excuses, je relevai la tête pour croiser le regard de la personne que j'avais failli blesser. Un visage pâle, de courts cheveux noirs comme l'ébène... Oui, une occidentale.

« Môshiwake arimasen... bredouillai-je, avant de me reprendre. Je... Je être désolé... d'avoir bousculé madame! » finis-je en me reculant d'un pas et en m'inclinant devant la dame, embarrassé.
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