It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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If you like it you should have put a ring on it. ─ Bloomer&Lily

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MessageSujet: If you like it you should have put a ring on it. ─ Bloomer&Lily If you like it you should have put a ring on it. ─ Bloomer&Lily EmptyMer 18 Aoû - 2:12



Lillian n'avait jamais vraiment été malade de sa vie, un rhume par-ci par-là, un mal de tête de temps en temps, jamais vraiment malade qui nécessitait à prendre des médicaments et encore moins à se déplacer à l'hôpital. Et elle se savait plus que chanceuse. Puis, un matin, fin juillet, elle avait voulu se lever de son lit et son corps n'avait pas suivie, pendant trois jours, elle n'avait pas été capable de se lever de son lit, endoloris, elle avait mal à la tête, mal au coeur, mal à tous les muscles possibles. Elle avait passé trois jours pénibles à ne pas bouger, dormir, avaler la soupe que Kostos lui apportait (elle l'avait finalement autorisé à entrer dans sa chambre qu'après des heures et des heures de complainte comme quoi elle ne voulait que *personne* la voient dans cet état.), à la vomir aussi.. Avant de finalement se rendre chez le médecin. Elle avait attrapé la mononucléose, probablement donnée par un des enfants qu'elle gardait de temps en temps. Résultat, elle était confinée au lit pour encore un moment. Après quelques jours, la peine s'estompa pour laisser place qu'à la fatigue et un mal de gorge persistant. Depuis, elle dormait. Elle était fatiguée près de vingt-quatre heures sur vingt-quatre et dormait souvent plus de douze heures d'affilée. Horriblement faible, elle arrivait à peine à quitter son lit pour prendre sa douche, et encore, elle devait s'assoir dans la baignoire de peur de tomber.
Sauf aujourd'hui, aujourd'hui, elle c'était réveiller un peu plus en forme que d'habitude, avait pris la douche chaude la plus longue au monde, avait enfilée sa robe préférée et avait passé plusieurs minutes devant le miroir, essayant de se redonner un peu plus de couleur. Aujourd'hui, elle allait sortir de la maison. Depuis des semaines, elle n'avait rien vu autre que sa chambre et elle en pouvaient plus. Kostos était sorti, heureusement pour elle, car il ne l'aurait surement pas laissé partir sur un coup de tête, elle prit quand même le temps d'écrire un mot qu'elle laissa sur la table, au cas où. Puis elle était dehors.
Elle hésita un moment sur le pas de la porte, elle ne savait pas vraiment où aller, elle avait trop de temps à rattraper, elle avait envie de voir tous ceux qu'elle connaissait ... Ses amies commençaient à s'inquiéter la sachant encore au lit...
L'idée d'allez voir Maddie lui vient d'un coup. Elle n'avait pas vu la filète depuis fin juillet, alors qu'elle avait l'habitude de la voir plusieurs fois par semaine et de savoir l'enfant de dix ans seuls dans le grand orphelinat new-yorkais la peinait vraiment. Après tout, elle était la raison pourquoi, elle était à New York, la raison pour laquelle elle était mariée, elle était devenue un des plus grands morceaux de sa vie...
Elle sortit donc sa passe d'autobus et c'est en transport en commun qu'elle traversa la ville pour se rendre à l'orphelinat. Le trajet était assez long, environs une heure entre Hudson Heights et downtown, les odeurs de l'autobus et le manque d'air dans le métro lui donna un peu le tournis, elle se rendit quand même à l'établissement en un seul morceau, une dame à l'acceuil pris son nom et l'envoya dans un dortoir du cinquième étage. Comme l'ascenseur était en panne, Lily dut monter les escaliers, étage par étage. Arriver au cinquième, ce n'était plus le tournis qu'elle avait, mais le mal de mer. Elle du prendre appuie contre le mur afin de s'assoir sur le premier banc qu'elle croisa. Elle avait si mal au coeur, et envie de dormir. Son premier réflexe était d'essayer d'appeler quelqu'un, elle devait rentrée maintenant, mais elle n'osa pas prendre son téléphone, elle savait que si elle appelait Kostos, Ambre ou Aly à la rescousse, elle allait se faire sermonnée et là en ce moment, elle n'avait pas vraiment envie. Elle se prit la tête entre les mains et laissa passer plusieurs minutes sans bouger, prenant de grandes respirations.
Au bout d'un moment, elle entendait des pas dans le corridor, elle releva la tête et aperçut une femme, d'environs du même age qu'elle, un peu plus loin. L'héroïne du jour. Lillian décida donc de l'appeler à l'aide, la jeune femme devait être dans son monde, car elle prit un long moment avant de l'entendre, mais s'approcha quand même vers elle.

« Excusez-moi, mais je suis malade, je me sens vraiment mal et en fait je ne devrais pas du tout être ici, je devrais être dans mon lit mais ─ »

Lillian arrêta sa tirade en plein milieu. Elle n’avait aucun signe que la jeune femme devant elle l'entendait, elle semblait plutôt occupée à fixer sa bague à son annulaire gauche. Son alliance. Au bout de quelques secondes Lily était tellement mal à l'aise qu'elle joint ses mains ensemble et se mit à faire bouger la bague entre ses doigts. Un petit rire nerveux s'échappa de ses lèvres.

« Euh... Bonjour? »
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MessageSujet: Re: If you like it you should have put a ring on it. ─ Bloomer&Lily If you like it you should have put a ring on it. ─ Bloomer&Lily EmptySam 11 Sep - 3:17


If you like it you should have put a ring on it. ─ Bloomer&Lily 100913093830840360




« je passe encore une nuit blanche ; une heure sur le dos, deux sur la tranche.
j'essaie un rêve puis le rature ; passe par toutes les températures... »

Cette nuit-là, Bloomer Conrad n’arrivait pas à dormir. Ses yeux pourtant clos cherchaient le sommeil dans les bras de Morphée, mais cela faisait maintenant près de trois heures qu’elle était dans son lit à ne cesser de gigoter dans tous les sens. Les cheveux ébouriffés, elle ouvrait parfois une paupière plissée et aveuglée par la lumière de son portable afin de voir l’heure qu’il pouvait bien être. Elle le remettait ensuite près d’elle et — visiblement désespérée de voir les heures défiler si lentement — laissait tomber sa tête sur son oreiller en poussant un soupir assez sonore pour souligner son désappointement. A force de bouger, elle avait un peu chaud — elle passait donc une de ses jambes nues et lisses par dessus la couverture. Mais quelques minutes plus tard, sa peau s’était déjà refroidie — elle remettait alors sa couette en place. A vrai dire, ce n’était pas vraiment les positions dans lesquelles Bloomer était couchée ce soir-là qui n’étaient pas confortables pour dormir, mais plutôt son esprit qui n’était pas assez serein pour se reposer — dans sa tête se bousculaient les souvenirs de sa dernière conversation avec sa psychologue, le docteur Cassidei Linoli. Elle l’avait vue il y a quelques jours et, allongée sur le magnifique fauteuil de cuir dans le cabinet du docteur, Bloomer s’était mise à parler longuement de son enfance avec Madame Linoli — et plus particulièrement de sa mère biologique...
Maria Esméralda Lockarts ; sa ‘‘vraie’’ mère ; un sujet à elle seule. Toutefois, Bloomer n’aimait pas en parler. Au contraire, il ne fallait pas qu’elle en parle — elle l’avait ‘‘oubliée’’, ou plutôt « mise au grenier » comme disait son hypnotiseur. L’hypnose a vraiment permit à Bloomer de vivre une existence plus heureuse — tous ses flash douloureux et les moments négatifs qu’elle avait vécus s’étaient endormis dans un coin de sa mémoire pour ne plus jamais revenir la hanter. Et c’était vrai ! Bloomer pouvait désormais vivre sa vie d’adolescente comme les autres. Tout du moins, si elle évoquait ses souvenirs du passé, cela lui faisait moins mal qu’avant.
Après tout ce temps passé dans l’obscurité de sa chambre à se tourner et se retourner, Bloomer s'assoupit finalement vers quatre heures trente du matin pour se réveiller en sursaut dix minutes plus tard en poussant un grand cri apeuré. Elle était en sueur froide et avait quelques larmes au coin des yeux. Elle venait de rêver de la jeune femme qu’elle était actuellement traversant les couloirs de l’orphelinat de Detroit où elle avait été placée à l’âge de deux ans. Elle était accompagnée uniquement par sa mère adoptive, Bellinda Jill-Anna Conrad, et la tenait par la main — comme une gamine de cinq ans. Elle lui demanda d’ailleurs sur le ton d’une petite fille « Maman, maman, tu fais quoi ? on va où, dis ? » et sa mère répondit « Je me débarrasse de toi chérie ! tu vas voir ça va être amusant ! ». Bloomer, complètement stupéfaite et effrayée, ne tarda pas à lâcher sa main et couru droit devant elle aussi vite qu’elle le pu. Le couloir lui paraissait sans fin et sa cavale n’en était que plus pénible. Elle tourna enfin à sa droite pour emprunter un autre couloir et tomba nez à nez avec une nonne qu’elle connaissait bien, sœur Margarett Fitzpatrick, cette bonne femme tyrannique, qui lui dit de son sourire sadique légendaire : « Alors on a pas été sage, Miss Lockarts ? je saurais vous punir en conséquence : corvée de toilettes ce soir ! avec une brosse à dent ! ». Et avant même qu’elle ne pu dire ‘‘ouf’’, Bloomer fût téléportée en un flash de lumière très rapide dans la forêt et celle-ci, sans aucune raison apparente, courait à perte d’haleine tout en pleurant à chaudes larmes. Bloomer se retournait pendant son parcours ; on pouvait voir à travers des branches d’arbres l’orphelinat qui devenait flou au loin. Elle fuyait le bâtiment mais fût arrêtée brutalement par un loup sauvage sorti de nul part qui lui sauta dessus. C’est à ce moment là que Bloomer se réveilla et cria en pleine nuit. Elle était encore à fond dans son rêve et, en sanglotant, regarda partout pour s’assurer qu’elle était bien dans sa chambre, n°6 quartier Greenwich Village, Manhattan, New York City. Réveillant ainsi ses parents dans la pièce voisine, ceux-ci se précipitèrent dans sa chambre et demandèrent ce qu’il s’était passé. Assise dans son lit, Bloomer prit sa mère dans ses bras en gémissant « Oh maman ! ». Encore un peu perturbée, elle lui expliqua le rêve qu’elle avait fait et sa mère lui dit ensuite en essuyant ses joues mouillées :
                                                      — « Oh mon pauvre choupinet... c’était juste un rêve, c’est fini ! ne t’inquiète pas... tu ne remettras plus jamais les pieds dans un orphelinat, mon bébé, je te le jure. Rendore-toi, maintenant. Je suis là... »
Et Bellinda Conrad resta. Elle resta comme on veille un petit enfant malade et fragile, en lui tapotant doucement l’épaule. Epuisée par toute cette agitation, la jeune châtaigne ne perdit pas de temps et réussi à s’endormir sans trop de difficultés.

Le lendemain matin, Bloomer sentit son âme aller mal. Elle se demandait quel était la signification de ce rêve. Elle décida d’ouvrir son PC portable et de le découvrir en cherchant sur Google. Elle tapa d’abord dans la barre de recherche ‘‘rêver d’un orphelinat’’ qui ne donna absolument rien. Puis ‘‘rêver d’abandon’’, ‘‘rêver d’une nonne’’, ‘‘rêver d’un long couloir’’, ‘‘rêver d’un loup’’, ‘‘ rêver d’une forêt’’... Elle en tira le bilan suivant : manque affectif sous-estimé et renaissance.
Elle fût interrompue par sa mère qui lui hurlait d’en bas que le petit déjeuner était servi. Elle referma alors son PC, prit un chouchou qui traînait et s’attacha sa longue chevelure mal coiffée en queue de cheval avant de descendre. Elle arrivait à la cuisine quand elle vit son père embrasser sa mère et lui dire « A ce soir ! ». Il partait déjà pour son travail au Chelsea Ristorante. Il vint vers Bloomer pour embrasser son « poussin » et celle-ci lui souhaita de passer une bonne journée. En voyant son père s’éloigner vers la porte, Bloomer se disait qu’elle avait eu de la chance d’être tombée sur eux. Ils formaient une famille, ils étaient tous soudés et ils s’aimaient ; alors pourquoi souffrirait-elle d’un supposé manque affectif ? Cela ne rimait à rien...
Bloomer mangea son petit déjeuner à vitesse grand V. Elle sauta ensuite sous la douche, puis, entourée de sa serviette de toilette, retourna dans sa chambre pour choisir ses habits. Elle ne chercha pas à être très bien habillée : un simple chemisier écru, un jean avec des étoiles brodés dessus, une ceinture en cuir marron et avec des franges de cuir qui dépassent, des bottines marron cloutées et le tour était joué. Elle laissa ses cheveux naturellement tomber sur ses épaules et se mit peu de maquillage. Elle n’oublia pas de prendre son sac, redescendait les escaliers, atterrit dans le salon et fit un bisou sur la joue de sa mère pour lui dire au revoir. La maman lui demanda où elle allait comme cela, et Bloomer, prenant ses clés de voiture dans l’entrée, lui dit :
                                                      — « Je n’en ai pas pour longtemps normalement ! je comptais descendre à Downtown aujourd’hui parce que j’ai lu quelque part qu’il y aurait incessamment sous peu un regroupement de jeunes talents dans le quartier de Soho. Donc je voulais aller directement sur place pour confirmer la rumeur... même si bon... peut-être que j’y vais pour rien parce que ça me semble louche qu’il se fasse un truc comme ça là-bas... »
                                                      — D’accord ma fille ! fais donc ! » lança Madame Conrad en lui levant son café. « Reviens-moi riche et célèbre ! »
Bloomer sourit. En ce qui concernait ses petites expéditions de la sorte, sa mère ne s’en mêlait pas. Elle n’y connaissait rien ; elle préférait donc s’effacer et lui faisait entièrement confiance. En revanche, elle était toujours là pour l’encourager et assistait à toutes ces représentations ou presque.
Bloomer sortit de la maison et se dirigea alors vers sa voiture qui était garée un peu plus loin, en bas de la rue, car il n’y avait pas assez de place devant la maison ; son père et sa mère possédaient déjà une voiture chacun qui étaient devant le garage. En traversant la rue, elle vit sur le trottoir d’en face une petite voisine qu’elle connaissait, très vieille et très gentille, qui promenait son chien. Celle-ci lui dit :
                                                      — « Bon matin, Bloomer ! »
                                                      — « Bonjour, Madame Miller ! » fit-elle en souriant.
                                                      — « Merci d’avoir gardé Fripouille la semaine dernière. »
                                                      — « De rien, Madame. »
                                                      — « Je voulais te demander si tu voulais bien le garder encore une fois vendredi prochain ? »
                                                      — « Pas de problème ! je passerais le prendre quand vous voudrez. » répondit Bloomer toujours souriante.
                                                      — « Merci, tu es une gentille jeune fille ! où vas-tu de si bon matin, ma petite ? »
                                                      — « Eh bien j’allais prendre ma voiture pour descendre à Dowtown. Vous voulez que je vous conduise quelque part ? » proposa Bloomer.
En réalité, Bloomer s’attendait à un ‘‘non’’ de sa part. Ce n’était pas une vieille qui sortait beaucoup. Bloomer le lui avait demandé juste par politesse. Mais, contre toute attente, la vieille dame se mit à traverser doucement le passage piéton pour la rejoindre sur le trottoir où elle se trouvait...
                                                      — « A Downtown ? oh ! justement je voulais y passer, ma petite Bloomer ! mais je n’ai pas eu l’occasion qui se présentait et comme je n’ose pas déranger, je n’ai demandé à personne de m’y conduire... Je voulais aller rendre visite aux petits enfants du grand orphelinat de New York. Ils sont tellement adorables. Ils m’aiment bien aussi, tu sais ! il y en a qui m’appelle Mamie Miller héhé ! »
Bloomer ne pu s’empêcher de sourire. Quand elle était à l’orphelinat, elle croit se souvenir d’une femme comme Madame Miller qui venait chaque semaine pour leur parler un peu et leur donner un peu de tendresse qu’il ne recevait pas du tout par les nonnes. La vieille reprit :
                                                      — « C’est juste cette vieille bique qui me prend pour une sourde qui veut me chasser à chaque fois ! Souvent, je leur apporte des biscuits que j’ai fais et ils sont contents. Ca les change un peu de me voir quoi... »
Bloomer acquiesça. La vieille dame aux cheveux blancs lui demanda alors d’attendre deux petites minutes ici et repartit vers sa maison qui était à deux pas pour aller chercher des gâteaux qu’elle avait fait.
Sur le bord du trottoir, Bloomer soupira légèrement en levant les yeux au ciel. Dans un sens, cela ne l’arrangeait pas trop de conduire Madame Miller à l’orphelinat — elle voulait aller en direction de Soho ce matin alors que l’orphelinat dont parlait la vieille femme était dans le quartier de Tribeca.
« Tant pi ! » se dit-elle alors. « J’irai à Soho plus tard. C’est sûrement la sortie du siècle pour elle. Elle est toute seule et puis ce n’est pas une vieille exigeante — je ne vais pas lui gâcher son plaisir... »
Bloomer n’était pas du genre à ne pas respecter les personnes âgées. C’était une jeune fille bonne avec les autres. Elle aimait rendre service et on la connaissait pour cela dans son pâté de maisons.
Madame Miller revint toute joyeuse, sans son chien, et avec un gros gâteau au chocolat enveloppé dans du papier aluminium. Le sourire de la vieille femme s’estompa sur son visage ; dans tout cela, elle avait oublié de lui demander quelque chose d’important :
                                                      — « Mais dis-moi, Bloomer, j’espère que je ne te dérange pas avec mes histoires ? tu n’avais pas quelque chose de prévu à faire à Dowtown au moins ? parce que sinon, ce n’est pas grave, ma chérie, je me débrouillerais ! »
Bloomer lui fit un petit sourire en lui disant que ce qu’elle voulait faire n’était d’aucune importance et que cela ne la gênait en aucun cas. Mais Madame Miller insista ; elle ne voulait pas être un poids pour elle — elle jurait que pour le retour, elle appellerait son fils qui habite à Downtown pour qu’il vienne la chercher ; ainsi Bloomer pourrait faire ce qu’elle voudrait après qu’elle l’aille déposée à l’orphelinat ! Cela convenait parfaitement à Bloomer. Les deux femmes se dirigèrent alors vers sa voiture. Madame Miller monta du côté passager et Bloomer se mit au volant — direction Tribeca.

Après plus de deux heures de trajet, la jeunette et la petite vieille arrivèrent devant l’orphelinat. Bloomer trouva une place et descendit la première pour aider Madame Miller à sortir de la voiture. Elles avancèrent jusqu’à l’entrée et tout en marchant, Bloomer levait les yeux jusqu’au sommet du bâtiment pour observer la façade. La devanture était d’une architecture très sombre, pas très chaleureuse — comme la Christ Child House, l’orphelinat où elle avait été. Elle réentendait dans sa tête les paroles de sa mère la nuit dernière : « tu ne remettras plus jamais les pieds dans un orphelinat, mon bébé, je te le jure. ». Et c’était précisément ce qu’elle allait faire. Elle se demanda alors si le fait de pénétrer à l’intérieur de cet orphelinat briserait tout le travail qu’elle avait fait depuis des années sur elle-même. Elle ne chercha pas à obtenir la réponse à cette question et baissa la tête, les yeux rivés sur le sol, avant de s’enfoncer dans le bâtiment.
En tenant Madame Miller par le bras, Bloomer avançait dans le hall et regarda les murs. L’intérieure ressemblait aux vieilles maisons qu’il y avait dans le temps. Il y avait beaucoup de bois en merisier et la couleur la plus dominante était essentiellement le bordeaux, ce qui ne donnait pas un aspect très lumineux à cet orphelinat...
Madame Miller et Bloomer allèrent à l’accueil pour se déclarer et la réceptionniste, ayant reconnu la petite vieille, lui dit d’aller dans la grande salle de jeux où il y aurait certainement plein d’enfants. Une salle de jeux ? Il semblerait que Bloomer soit atterrie dans un orphelinat où les enfants mèneraient une existence heureuse... Madame Miller avait l’air de bien connaître les lieux puisqu’elle guida Bloomer. Arrivé dans la salle, une horde d’enfants de différentes tranches d’âge se jetèrent littéralement au cou de la vieille dame en criant « Oh ! c’est Mamie Miller ! Venez voir tout le monde ! ». Tous les enfants ou presque laissèrent leur activité en suspend pour lui faire un câlin. L’un d’eux lui demanda timidement ce qu’elle avait apporté aujourd’hui et la vieille femme, comme si elle leur déballait une pochette surprise, ôta le papier aluminium qui recouvrait son gâteau au chocolat. Des bouilles émerveillées par-ci, des « youpi ! » de joie par-là ; Mamie Miller était aux anges...
Bloomer, elle, était resté à l’écart, près de la porte. L’épaule appuyée conte l’entrebâillement, elle admirait la scène de loin avec attendrissement. Elle était plongée dans ses pensées — elle se disait que, finalement, cette visite imprévue n’aura pas eu d’effets négatifs escomptés sur elle. En effet, elle s’attendait plutôt à recevoir un impact terrible qui lui rappelle son passé, mais au contraire, elle avait le sentiment d’avoir fait du chemin depuis qu’elle n’était plus intégrée à ce genre de système. Entourée de ces tristes murs, elle était bizarrement assez rassurée ; rassurée d’avoir un vrai foyer ; une vraie maison ; tout simplement des repères que tout enfant a besoin... Alors, voyant ces enfants juste heureux à l’idée qu’on ait pensé à eux, Bloomer souffrait intérieurement au point qu’elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Ce n’était pas de la simple pitié pour ces mômes, mais de la compassion, la vraie. Tous ces sentiments plus paradoxaux les uns que les autres lui faisaient en fait comprendre que l’orphelinat restait et resterait une partie d’elle pour toute sa vie...
Elle décida à ce moment là de se retirer pour ne pas montrer que des larmes coulaient sur son visage. Elle pleurait silencieusement, en se retenant de sangloter. Pas un son, même pas un reniflement... Madame Miller l’avait vu partir et se disait sans doute qu’elle allait maintenant faire ce qu’elle avait prévu au départ à Downtown, mais trouvait cela très curieux de sa part qu’elle s’en aille sans même lui dire au revoir. Ce n’était pas son genre...
En réalité, Bloomer ne partait pas. Essuyant ses yeux et tentant de se calmer, elle retournait à l’accueil pour demander où se trouvaient les toilettes. La dame qu’elle avait vu tout à l’heure avec Madame Miller l’informa que les seules toilettes qui fonctionnaient étaient au neuvième, au septième et au cinquième étage — la plomberie était en cours de rénovation et, comme si cela ne suffisait pas, l’ascenseur était également hors service. Mais peu importe, elle avait besoin de se remettre les idées en place, elle monterait donc ces étages.
Tourmentée, les yeux encore rouges, elle grimpa les escaliers en se tenant à la rampe. Arrivée au cinquième étage complètement désert, Bloomer s’engagea dans un long couloir qui menait aux toilettes. La jeune femme fût d’avantage perturbée car ce couloir lui rappela celui dont elle avait rêvé cette nuit, avec toutes ces portes espacées les unes des autres et qui renfermaient des dortoirs. Elle atteignit la porte des toilettes pour femmes et l’ouvrit. Elle alla vers les robinets et se passa un peu d’eau fraîche sur le visage. Elle resta ensuite quelques minutes immobile à observer son reflet, puis se décida à sortir des toilettes. Elle n’alla pas bien loin et s’assit par terre. Le dos et la tête posée contre un mur, elle fermait les yeux un instant — elle était fatiguée. De sa nuit passée, du fait d’avoir pleuré et de son état d’âme. Elle réouvrit ses yeux bleus, déjà moins rougis que tout à l’heure, et fixa la parcelle de mur en face d’elle. Et c’est drôle comme des murs peuvent être intéressants ! Bloomer observait tous : les défauts de peinture, l’usure du bois, la vieillesse des papiers peints... Ces murs portaient une histoire, ils devenaient presque expressifs, vivants par leur vécu. Bloomer sentit alors que quelque chose se passait entre elle et ces murs de l’orphelinat de New York. D’une soudaine inspiration, elle prit dans son sac son carnet de note qu’elle ne quittait jamais ainsi que son stylo fétiche. Elle était dans un état d’esprit parfait pour écrire. Peut-être juste deux mots, deux phrases, mais au moins un semblant de quelque chose qu’elle réutiliserait plus tard — ou bien jamais ; mais elle l’aura tout de même fait car c’était pour elle nécessaire de le faire maintenant. Elle ouvrit son carnet et tourna les pages jusqu’à en trouver une sans différentes écritures, sans ratures, sans dessins dans les coins, sans pensées pour elle-même, sans gribouillis ; une page blanche — l’angoisse de tout écrivain. On écrit le premier mot, le premier jet, le premier essai... Bloomer choisit simplement de marquer la date d’aujourd’hui. Comme pour se donner un peu de courage. Habituellement, elle ne le faisait pas mais elle le fit aujourd’hui. La jeune fille ne tarda pas à écrire quelques mots, faire quelques ratures, quelques flèches un peu partout. Et l’on pouvait lire distinctement :
These four walls
They whisper to me
They know a secret
I knew they would not keep
It didn't take long
For me to lose the trust
'Cause these four walls
Were not strong enough
Elle finissait de dessiner en haut de sa feuille un petit cube en trois dimensions tout simple, puis reboucha son stylo. Elle relisait ce qu’elle venait d’écrire comme un poème. Elle n’avait pas encore de mélodie, pas de rythme. Mais ces bribes de paroles lui plaisaient bien. Elle ne savait pas ce qu’elle allait en faire, mais elles allaient rester là en attendant. Elles étaient écrites et n’allaient pas s’envoler, c’était le principal.
Bloomer rangea son carnet dans son sac et décida de se lever. Elle avait finalement passé un agréable moment à écrire entre ces murs et maintenant, il était temps pour elle qu’elle reparte. Une chose était sûre : elle ne parlerait pas de cette escapade à sa mère — quasi sûr, elle l’enverrait directement voir le docteur Linoli pour être venue ici ! La sangle de son sac sur son épaule gauche, regardant ses pieds, Bloomer longeait le couloir qu’elle avait prit jadis dans le sens inverse tout à l’heure. Elle ne remarqua même pas la présence d’une jeune fille à la chevelure blonde et bouclée tout au bout du corridor l’interpeller. Elle était encore en train de penser à ces quelques phrases qu’elle venait de noter. Tout bien réfléchi, la fin n’allait pas vraiment... La jeune blonde inconnue, visiblement dans un état critique, s’approcha plus près de Bloomer et lui lança :
                                                      — « Excusez-moi, mais je suis malade, je me sens vraiment mal et en fait je ne devrais pas du tout être ici, je devrais être dans mon lit mais — »
Bloomer n’entendit toujours pas ces flots de paroles, mais cette fois-ci, elle ne pouvait plus la louper — Boucle d’Or avait un étourdissement à quelques mètres d’elle à peine !
                                                      — « Oh-vous-allez-tomber !! » dit-elle en un seul souffle, paniquée.
Dans un réflexe, Bloomer s’empressa d’aller vers elle et de la rattraper par les bras. Manipulant la jeune fille comme un pantin désarticulé, elle la fit s’asseoir sur un banc non loin.
                                                      — « Doucement... » fit Bloomer en accompagnant ses gestes à ce qu’elle venait de dire.
Pendant que la blonde récupérait en inspirant et en expirant, Bloomer s’assit près d’elle. Elle la regarda et se demanda qui elle pouvait bien être. Etait-ce une orpheline qui vivait ici et que personne n’a voulu adopter ? Non... Elle devait avoir son âge, voire peut-être un peu plus. L’orphelinat ne gardait pas les personnes qui atteignaient la majorité, c’était donc impossible. Bloomer dériva son regard plus bas, vers ses mains, et sa déduction fût confirmée par l’anneau que la blonde portait à son annulaire gauche — La jeune femme était mariée. Elle était donc extérieure à l’orphelinat.
« Qu’elle est bien jeune pour être déjà mariée... » pensait Bloomer. Elle qui refusait de grandir et de devenir mature, la voilà qui se retrouvait face à son opposé.
En position assise, la jeune inconnue se rétablissait et se sentit un peu mieux. Bloomer continuait de fixer sa bague. Elle essayait de s’imaginer elle-même, Bloomer, dix-neuf printemps, mariée à Conan, son petit ami, dans une maison avec que des responsabilités à prendre — chose complètement inconcevable. Déjà que Conan n’était que son premier petit copain, elle se voyait mal en ménage maintenant ! A travers cette bague, la jeune Bloomer ressentait un certain vécu chez cette blonde au teint pâle.
D’ailleurs, celle-ci commençait à être gênée de l’attention que portait Bloomer sur son alliance. Elle laissa échapper un petit rire nerveux et fit simplement :
                                                      — « Euh... Bonjour ? »
Ces deux petits mots ramenèrent rapidement Bloomer à la réalité et en échappant à son tour un petit rire qui semblait montrer sa gêne, elle répondit à la jeune femme :
                                                      — « Bonjour... héhé... eum... pardon j’étais... j’étais un peu ailleurs. Je n’ai pas bien dormi cette nuit. »
Cette explication se voulait aussi valable pour tout à l’heure quand elle n’a pas su entendre les plaintes de la jeune femme...
                                                      — « Ca va aller ? Vous voulez que j’aille vous chercher un peu d’eau ? » s’inquiéta Bloomer. « Si vous voulez, je dois avoir un peu de sucre sur moi... » fit-elle en fouillant dans son sac.
Elle se disait que cela pourrait lui faire du bien. Bloomer comprenait parfaitement l’état dans lequel se sentait la blonde en ce moment même. Elle faisait souvent des malaises vagales et avait prit l’habitude d’avoir toujours un ou deux petits sachets de sucre de chez McDonald’s sur elle. Elle en sortit un et le tendit à Boucle d’Or...
— [ h.j.: désolée d’avoir été un peu longue à répondre, j’ai été occupée et puis je me suis un peu –beaucoup- étalée sur mon post (a) pardon si ta lecture fût longue lol mais je voulais vraiment que tu sois totalement plongée dans l’univers de mon perso... j’aime bien ce sujet ♥ (: ]
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MessageSujet: Re: If you like it you should have put a ring on it. ─ Bloomer&Lily If you like it you should have put a ring on it. ─ Bloomer&Lily EmptyVen 24 Sep - 2:40



Lily s'en voulait un peu d'avoir paniqué et appelé à l'aide, mais elle avait vraiment cru qu'elle allait s'évanouir au beau milieu du corridor. Elle qui avait l'habitude d'être raisonnable, elle aurait du restée chez elle ou du moins rebroussé chemin à la vue des escaliers. Elle n'était plus contagieuse à proprement parlée, mais elle était tout de même contente que ça soit une jeune femme qu'il l'ait trouver dans le corridor et pas un des enfants...
« Il y a pas de mal et je veux bien un sucre, merci. »
lle prit son temps vidé le sachet, comme elle était malade elle se nourrissait principalement de toasts, de pattes sans sauces et de soupes. Un drame épouvantable pour l'accro aux sucres qu'elle était.
« Je suis désolée, je ne voulais pas vous déranger, hmm, je n’ai pas beaucoup de forces en ce moment et les escaliers m'ont assommée... Je m'appelle Lillian. Vous travaillez ici? Je ne vous ai jamais vu avant.. »
Et elle venait ici assez souvent, une fois par semaine minimum, allant parfois jusqu'à trois quand elle ne travaillait pas. La plus part du temps elle venait voir Madison, même si elle était toujours placée en établissement, elle se sentait énormément responsable pour l'enfant. Elle n'avait jamais été dans un orphelinat à proprement parler, mais elle faisait encore des cauchemars, se revoyant sous les tentes blanches de la Croix-Rouge, ceux à part des autres, ceux réservés aux nouveaux orphelins... Certes, les circonstances n’étaient pas les mêmes, ici les enfants avaient de l'eau potable, un lit chaud et trois repas par jours. Mais les sentiments derniers étaient pareils. Se réveiller, du jour au lendemain, sans famille, c'était le vrai cauchemar. Ça allait bientôt faire cinq ans que sa Katrina avait pris la sienne et elle n’était toujours pas remise. Elle savait bien que les enfants étaient dans un état pire que le sien, c'était encore 'frais' pour eux ici, et elle avait eu la chance d'avoir ses grands parents en France, tandis qu'eux n’avaient personne, ou presque. Ça lui arrachait le coeur, tellement de gens, ses amis entre autres, tombait enceinte ou ne pouvais plus attendre avant de tomber enceinte, et elle était heureuse pour eux, là n'était pas la question, mais il y avait déjà tant d'enfant dans le besoin qui demandait qu'un foyer et de l'amour. C'est à eux que Lily préférait dédier son temps, entre Maddie et le bénévolat, elle faisait comme elle pouvait, elle se donnait beaucoup de responsabilités pour une femme de vingt et un an, mais c'était la façon qu'elle avait choisi de vivre. Un matin, il y a cinq, elle c'était réveillé en France et avait décider d'arrêter de s'apitoyer sur son sort. Elle venait d'avoir la preuve concrète que la vie était trop courte à rien faire, alors elle essayerait de laisser une trace. N'importe quoi. Elle avait décidé à se moment là de consacrée sa vie a aidée les autres, rendes les gens heureux. Ça pouvait sembler facile, mais parfois ça lui demandait de grands sacrifices. Comme son mariage avec Kostos, le sacrifice de sa vie sans doute. Mais elle l'avait fait pour Maddie et pour lui aussi, parce qu'elle savait qu'ils avaient baisions l'un de l'autre et qu'elle voulait les aidée à tout prix. Faire un faux mariage, être de retour aux États-Unis, adotpés, c'était d'énormes changements/sacrifices qu'elle devait apportée à sa vie, mais elle n'avait jamais eu peur. Elle savait que c'était la bonne chose à faire, elle savait qu'un jour quelque part elle serait récompensée. Et puis, elle n'était pas malheureuse, au contraire, à New York elle avait retrouvé des amies, s'en étaient fait quelques nouveaux, les contrats d'artiste maquilleuse s'enlignaient et son 'mari' la traitait plus que bien, elle n'avait pas à se plaindre.
Puis, en détaillant le visage de la jeune femme brune, Lily remarqua que celle-ci avait les yeux rougis, elle venait tout juste de pleurer...

« Est-ce que ça va? Vous allez bien? »


[ OK. Je m'excuse vraiment, je suis là dessus depuis hier et j'arrive à rien écrire, c'est vraiment nul, mais je voulais pas te faire attendre plus longtemps. Pardonne moi ;_; je ferais mieux la prochaine fois Surprised ]
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MessageSujet: Re: If you like it you should have put a ring on it. ─ Bloomer&Lily If you like it you should have put a ring on it. ─ Bloomer&Lily EmptyMar 19 Oct - 23:02


If you like it you should have put a ring on it. ─ Bloomer&Lily 10091210040824859




« je passe encore une nuit blanche ; une heure sur le dos, deux sur la tranche.
j'essaie un rêve puis le rature ; passe par toutes les températures... »

Boucle d’Or — car on ne savait toujours pas son prénom — prit d’une main faible et molle le petit sachet en papier que Bloomer tenait.
« Boucle d’Or » pensait Bloomer. « J’aime bien l’appeler comme ça pour le moment. Ça lui va bien, je trouve. »
Et il était vrai que ce surnom lui sciait à merveille. Avec ses cheveux blonds tout ondulés et son regard en amande, elle avait vraiment tout d’une poupée. Mais en attendant, la jeune poupée avait visiblement trop joué avec sa santé. Gênée par autant d’attention que lui portait la jeune châtaigne, elle s’excusa auprès d’elle de l’avoir dérangée avant d’avaler doucement le contenu du sachet. Bloomer lui répondit spontanément :
                                                      — « Oh pff ! c’est naturel voyons ! » fit-elle en brassant de l’air avec sa main droite. « Il y a des gens qui ont naturellement le sens du service ! » ajoutait-elle avec humour et en faisant un grand sourire.
La jeune blonde sourit à son tour. Elle avait sans doute reconnu d’où provenait cette phrase qui était le nouveau slogan d’un opérateur de téléphonie mobile. Bloomer poursuivit :
                                                      — « Et franchement hein ! heureusement que tout le monde ne passe pas à côté de vous sans se préoccuper ! qui sait ce qui vous serait arrivé, ici, toute seule ! »
Elle avait déclaré cela sur un ton presque maternelle, comme si elle s’adressait à une petite enfant. En fait, ces exclamations sonnaient un peu plus comme des questions. Bloomer apprit que Boucle d’Or s’appelait en fait Lillian.
                                                      — « Moi c’est Bloomer. » lui répondit-elle simplement en souriant légèrement.
Elle lui tendit sa main droite prête à recevoir la sienne pour la serrer. Boucle d’Or alias Lillian lui dit alors qu’elle ne l’avait jamais vu dans l’enceinte de l’orphelinat. Il s’avérait donc que la jeune femme venait ici... fréquemment ? Pour quoi faire ?
Elle lui demanda si par hasard Bloomer travaillait ici.
                                                      — « Haha ! nan. » fût la réponse amusée de la jeune châtaigne, tellement l’idée lui paraissait impensable. « Nan je ne travaille pas ici, je... je suis juste venu accompagner quelqu’un... Ouais... » ajouta-t-elle en acquiesçant plusieurs fois de la tête, comme si elle soulignait le tempo d’une musique.
Elle ne se souvenait même plus pourquoi elle était venue là ; elle avait été bien trop plongée dans ses pensées, dans son passé, pour être consciente du présent.
Il y eut une pause. Bloomer posa ses coudes sur ses genoux et mit les doigts de sa main gauche dans ceux de sa main droite. Elle regarda les environs autour d’elle, puis reposa ses yeux sur la jeune blonde. Elle se rapprocha plus près d’elle, comme pour lui dire un secret...
                                                      — « Et je vais vous dire quelque chose : c’est pas du tout le genre d’endroit où il me plairait de venir travailler tous les jours. » lui confessa-t-elle sur un ton semi-plaisantin.
A cette remarque, Lillian eut un petit sourire — presque forcé, qui parla à Bloomer. Elles se regardèrent droit dans les yeux pendant un moment, comme l’une ayant visiblement comprit une partie de l’autre.
Bloomer détourna finalement son regard de la belle blonde et ses yeux se rivèrent vers le sol. Elle avait sentit une fois de plus les larmes lui monter, ce qui rendit les veines de ses yeux davantage rouge. Et Lillian ne tarda pas à le remarquer. C’était maintenant à son tour de s’inquiéter pour elle...
                                                      — « Est-ce que ça va ? Vous allez bien ? »
Bloomer ne voulut ni répondre ‘‘oui’’, ni répondre ‘‘non’’. Elle ne voulait pas se voiler la face comme elle le faisait habituellement, mais elle ne voulait pas non plus montrer qu’elle avait un mal-être ou paraître désagréable à cette inconnue.
Elle tourna la tête vers Lillian et se plongea dans son regard bleu. Tiens. Elle aussi, ses yeux sont bleus...
                                                      — « C’est plutôt à vous qu’il faut demander ça. » fît-elle finalement en souriant légèrement.
Lillian fît un sourire en coin en guise de réponse. Bloomer lui sourit de sa belle dentition. Elle n’avait pas l’air beaucoup changée depuis tout à l’heure, mais on la sentait déjà un peu moins fébrile. Bloomer lui demanda naturellement :
                                                      — « Et vous ? » elle marqua une pause. « Pourquoi êtes-vous là ? »
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MessageSujet: Re: If you like it you should have put a ring on it. ─ Bloomer&Lily If you like it you should have put a ring on it. ─ Bloomer&Lily EmptyDim 21 Nov - 19:55



Lily sera la main de l'inconnue en souriant, elle se sentait encore faible, et savait qu'une fois chez elle, elle devrait dormir quelques heures, mais elle reprenait ses esprits. Elle repensait à la bonté naturelle des gens, surtout dans une grande ville comme New York. Personne ne faisait attention au autres, beaucoup en avait que pour soit, se contentait d'enjamber les sans-abris qui dormaient sur les marches du métro, oubliait souvent qu'ils avaient déjà été des enfants aussi et que ça leur était arrivé de pleurer en plein centre d'achat, et ne portait aucune attention aux vieilles dames qui essayaient tant bien que mal de traverser la rue en sillonnant entre les taxis et les chauffeurs dangereux. Elle, elle essayait de faire de son mieux, mais elle savait que ce n'était pas le cas de tout le monde.
« C'est pas si mal en fait, les enfants sont bien traitées, la nourriture est bien et toujours chaude, m'enfin, il a pire comme endroit .. »
Elle se souvenait que trop bien des grande tente blanche de la croix rouge, les lits pliant, on devait être mourant pour avoir une deuxième 'couverture', la nourriture était rationnelle et c'était souvent du gruau et de l'eau. En comparaison, l'orphelinat où se trouvait Maddie était un palace. M'enfin, que ça soit le Taj Mahal ou un abris dans un ambre ça n'enlevait pas le vide qu'on porte quand la vie nous arrache à nos parents.
Il eu un flottement, pendant lequel Lillian et Bloomer se fixèrent sans rien dire, la blonde finie par rompre le contact en premier. Elle avait l'impression que quelque chose de précis la reliait à la jeune fille, mais elle ne pouvait pas dire quoi très exactement. C'était un sentiment étrange et Lily n'était pas certaine si ce genre de chose la mettait à l'aise.
Quand elle releva les yeux vers Bloomer, celle-ci semblait justement sur la verge de se mettre à pleurer, ce qui l'inquiétait encore plus. Bloomer ne lui répondit pas directement, elle Lily ne poussa pas. Les gens avaient le droit à leur espace, elle sourit quand même, de manière à lui montrer qu'elle avait compris.
« Oh moi, ça va, c'est physique, j'ai une mononucléose qui me suit depuis quelques semaines. . . Je suis plus vraiment contagieuse ! »
Elle s'était dépêcher d'ajouter le dernier bout de phrase, les gens avaient souvent un mouvement de recul quand vous leur disiez que vous êtes malade.
« J'ai juste, enfin, je devrais être au lit. »
Elle regarda sa bague une seconde et ajouta le plus naturellement du monde
« D'ailleurs, si mon mari me savait ici, j'aurais le droit a une scène probablement. »
Elle eut un petit rire, en soi, ce n'était pas un mensonge, Kostos serait loin d'être heureux s'il savait qu'elle avait quitté la maison comme ça. Mais elle se sentait toujours un peu coupable de dire ce genre de chose, surtout aux gens qui étaient honnêtes avec elle et à ses proches.
« Ça fait un mois que je suis clouée au lit, je me sentais mieux ce matin, et je me suis dit que j'allais venir visité les enfants. Enfin une en particulier, Madison, *on* est en voie d'adoption, et ça prend un temps fou. En attendant, j'ai l'habitude de venir la voir régulièrement, mais bon.. J'ai dû sauter quelques visites... Mais bon, j'imagine que ça sera encore pour la prochaine fois. »
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MessageSujet: Re: If you like it you should have put a ring on it. ─ Bloomer&Lily If you like it you should have put a ring on it. ─ Bloomer&Lily Empty

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